Procès des attentats de janvier 2015 : l'avocat de Charlie Hebdo appelle à ne pas "renoncer à la libre critique des religions"

"On ne peut pas tuer une idée. Vous ne pourrez rien faire car Charlie est devenue une idée", a défendu Richard Malka, concluant cinq jours et demi de plaidoiries des parties civiles.

Article rédigé par
Laure Debeaulieu - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, le 2 septembre 2020. (LP/OLIVIER LEJEUNE / MAXPPP)

C’est une page qui se tourne au procès des attentats de janvier 2015. Les plaidoiries des parties civiles ont pris fin vendredi 4 décembre, après 5 jours et demi pendant lesquels les avocats se sont exprimés pour les victimes de Charlie, Montrouge et l'Hyper Cacher. Ce procès a pris un mois de retard et ces derniers jours nous ont replongé dans l’enfer des victimes de ces attentats.

"L'opposition de la justice des hommes à la barbarie"

Dans la première semaine du mois de septembre, on avait entendu leurs souffrances, leurs douleurs, leurs traumatismes. Ces hommes et ces femmes, journalistes, employés braqués, assassinés et meurtris dans les locaux de Charlie hebdo, fauchés a Montrouge ou pris au piége dans l’Hyper Cacher avaient témoigné. De suspensions en suspensions, les mots s’étaient un peu évaporés dans les débats, entre les empoignades d’audiences, les versions amnésiques des accusés, et les manifestations bruyantes d'Ali Riza Polat, le principal accusé.

Mais ce vendredi les noms des victimes ont résonné. "C’est l’opposition de la justice des hommes à la barbarie, plaide Marie-Laure Barré, avocate de proches de victimes.

Les victimes sans haine demandent justice pour comprendre, pour tenter d’apaiser mais les accusés ne l’ont pas permis.

Marie-Laure Barré, avocate de proches de victimes

à franceinfo

Dans ces plaidoiries c’est cela qui revient, cette attente déçue, avec des accusés indifférents ne cherchant qu’à sauver leur peau, et "qui n'ont rien assumé, qui crient pour nous faire rentrer fort dans la tête l’histoire que vous vous êtes construite pour vous sauver", précise Me Barré en s’adressant à Ali Riza Polat.

"Charlie est devenu une idée"

L'avocat historique de Charlie Hebdo, Richard Malka a été le dernier à plaider. C’est lui qui a terminé ces plaidoiries des parties civiles, lui qui défend le journal satirique depuis 25 ans, pour dire combien les attentats de Charlie et de l'Hyper Casher ont un sens qui dépasse les actes commis. Une plaidoirie sortie d’un seul trait pendant plus d’une heure, une plaidoirie avec le coeur. Richard Malka décrit des attentats organisés de concerts qui convergent vers le même objectif : tuer l’autre, le juif celui qui refuse de se fondre, l’irréductible, tuer la diversité et Charlie hebdo qui se rit des fanatiques qui refusent la différence.

L'avocat démontre que les caricatures ne sont qu’un prétexte à la barbarie. "On a toujours caricaturé le fanatisme religieux, pas la religion. C’est toute la différence".

Renoncer à la libre critique des religions, ce serait renoncer à ce droit si merveilleux d'emmerder Dieu et ces fanatiques. 

Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo

à franceinfo

"En dépit de cet attentat ce journal reste l’empêcheur de tourner en rond de cette société qui a abandonné le rire. On ne peut pas tuer une idée. Vous ne pourrez rien faire car Charlie est devenue une idée", conclut Richard Malka.

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