"Georges Tron a eu peur de la tournure du procès", assurent les avocats des plaignantes après le renvoi

"Les victimes sont sous le choc, après ces jours d'audience inutilement violents", affirment les avocats de Virginie Ettel et Eva Loubrieu.

Georges Tron quitte le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 12 décembre 2017.
Georges Tron quitte le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 12 décembre 2017. (PATRICE PIERROT / CITIZENSIDE / AFP)

Les avocats de Virginie Ettel et Eva Loubrieu ont réagi, samedi 16 décembre, au renvoi du procès de Georges Tron. La Cour d'assise de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a estimé, la veille, que procès ne pouvait pas se dérouler dans le temps imparti et que la sérénité des débats n'était plus assurée, après la diffusion d'une édition d'"Envoyé Spécial" consacré à l'affaire. Virginie Ettel et Eva Loubrieu accusent l'ancien ministre de viol et d'agressions sexuelles en réunion.

"Georges Tron affirmait, en début de semaine d'audience, être extrêmement confiant, notamment en réduisant les faits à des accusations farfelues", ont déclaré les avocats des plaignantes dans un communiqué. "Sa défense devait finalement se résumer, au dernier jour du procès, au déploiement de méthodes désespérées, mêlant la déloyauté (la révélation d'échanges confidentiels avec un magistrat) au dilatoire (la multiplication d'incidents d'audience amenant l'impossibilité matérielle de tenir un programme) pour arracher un report piteux."

Les avocats des plaignantes estiment que "Georges Tron a eu peur de la tournure du procès, après les témoignages émouvant des victimes et l'échec de la permanente intimidation par sa défence". "Les victimes sont sous le choc, après ces jours d'audience inutilement violents, au cours desquelles elles avaient fait preuve d'un grand courage pour s'exprimer, poursuit le communiqué. Nous demandons, dans la perspective du prochain procès, que cessent les intimidations permanentes et les violences auxquelles elles ont été confrontées pour que, enfin, ceux qu'elles accusent puissent être jugés."