Isabelle Balkany est mise en examen pour "blanchiment de fraude fiscale"

Patrick Balkany, réélu à la tête de la mairie de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), et son épouse sont suspectés d'avoir dissimulé une partie de leurs avoirs au fisc. 

La première adjointe au maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Isabelle Balkany, pose le 16 mars 2011 dans les rues de la ville.
La première adjointe au maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Isabelle Balkany, pose le 16 mars 2011 dans les rues de la ville. (MARTIN BUREAU / AFP)

Isabelle Balkany, épouse et première adjointe du maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), a été mise en examen jeudi 22 mai pour des faits présumés de blanchiment de fraude fiscale, annonce son avocat. "Mme Balkany est mise en examen" pour des "questions fiscales et patrimoniales", a déclaré Me Grégoire Lafarge. Jean-Pierre Aubry, ancien directeur de cabinet de Patrick Balkany à la mairie et intime du couple, a subi le même sort.

Des mises en examen assorties de contrôles judiciaires ont été imposées par les juges Renaud van Ruymbeke et Patricia Simon. Isabelle Balkany est rentrée "chez elle" jeudi soir, a précisé son avocat Me Grégoire Lafarge"Cette mise en examen ne concerne pas son activité politique, elle ne concerne pas l'activité politique de son mari, elle ne concerne pas non plus l'hôtel de ville ou la mairie de Levallois-Perret, elle ne concerne pas des entreprises, des marchés ou des travaux publics, a insisté Grégoire Lafarge. Elle concerne exclusivement une problématique financière d'origine familiale strictement personnelle et ancienne de plus de vingt ans."

Au moins une villa non déclarée au fisc

Patrick Balkany, réélu pour un cinquième mandat dès le premier tour des élections municipales en mars, et son épouse sont suspectés d'avoir dissimulé une partie de leurs avoirs au fisc.

Une information judiciaire a été ouverte en décembre 2013 par le parquet de Paris. Elle vise le couple pour "blanchiment de fraude fiscale". Selon Le Point, Isabelle Balkany n'aurait pas déclaré au fisc français sa villa sur l'île de Saint-Martin, "estimée à plus de 3 millions d'euros". Dans le collimateur de la justice également, une villa au Maroc. Cette maison située à Marrakech est la propriété d'une société civile immobilière dénommée Dar Gyucy, qui pourrait n'être qu'un prête-nom.

Au départ, des accusations de Didier Schuller

Tout est parti des déclarations de l'ex-conseiller général (RPR) des Hauts-de-Seine Didier Schuller. Il a confié, dans le livre French Corruption de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, que Patrick Balkany s'était enrichi de manière illicite en marge de marchés publics conclus dans les années 1980 et 1990 par l'office HLM du département.

Patrick Balkany était sorti blanchi de ce scandale, ce que Didier Schuller avait trouvé injuste. Lui a été condamné en 2007 à trois ans de prison dans cette même affaire révélant un système de financement occulte du RPR. Candidat aux dernières municipales à Clichy-la-Garenne, Didier Schuller avait dit être mû par le désir de "nettoyer le département".