Cet article date de plus de sept ans.

Didier Schuller charge son ancien ami Patrick Balkany devant la justice

L'ancien élu RPR, condamné en 2007, a livré des documents accablants contre l'actuel maire UMP de Levallois, selon Mediapart.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany (G), et Didier Schuller (D), alors directeur général des HLM du département, photographiés en mars 1993. (MAXPPP)

Didier Schuller tient peut-être sa revanche. Après l'avoir clamé dans le livre French Corruption, dont il est le témoin clé, l'ancien élu RPR a frontalement attaqué le maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany. Les deux hommes étaient liés avant que Schuller ne soit poursuivi, puis condamné à trois ans de prison en 2007 dans l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine, révélant un système du financement occulte du RPR.

Un scandale dont Patrick Balkany était sorti blanchi, ce que Didier Schuller trouve injuste, comme il le confie à Mediapart (lien payant), vendredi 25 octobre. Le site d'information publie également les documents que Schuller, ancien directeur général des HLM du département, a communiqués mercredi aux juges anticorruption Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire.

Soupçons de blanchiment d'argent

Ces documents permettent d'en apprendre plus sur la possible fortune, cachée dans des paradis fiscaux, de Patrick Balkany. Le premier est un rapport de police, datant de 1998, relatant un transfert de 31,5 millions d'euros sur le compte parisien du maire de Levallois-Perret, entre 1989 et 1991, par une compagnie suisse. Baptisée Supo, elle aurait acheté la moitié de l'entreprise de textile familiale des Balkany alors qu'elle connaissait de graves ennuis financiers. Un possible moyen de cacher des versements de fonds illégaux à Patrick Balkany. Déjà mis en cause pour cette vente, ce dernier avait affirmé sur Twitter que la vente de son entreprise s'était effectuée "en toute légalité".

Le second document inédit est la preuve d'un versement de 1,7 million d'euros par la société Lecaya, basée au Liechtenstein, à la société Supo, laquelle versera cette somme à Patrick Balkany pour racheter son entreprise textile. Or, le principal ayant-droit de Lecaya se nomme… Patrick Balkany, selon Didier Schuller. Le document appuie donc la thèse du blanchiment d'argent.

Candidat aux municipales, Schuller veut "nettoyer" le 92

Enfin, les deux derniers documents sont liés à deux accusations déjà connues visant le député-maire UMP : un rapport de police daté de 2001, qui attribue des biens et un compte bancaire non déclarés au fisc sur l'île de Saint-Martin, et un bordereau d'ouverture d'un compte en Suisse possiblement non déclaré. Les accusations portées par Didier Schuller sont d'autant plus surprenantes qu'elles sont en partie fondées sur des documents légaux, que la justice avait donc en sa possession. Ce qui fait dire à l'ancien élu RPR que Patrick Balkany a été "protégé" durant les années où, lui, a dû affronter la justice.

Les raisons de ces attaques sont également à relier à l'ambition politique de Didier Schuller, parti à la conquête de la mairie de Clichy-la-Garenne, ville voisine de Levallois-Perret, pour les municipales de 2014. En décembre dernier, Patrick Balkany avait promis de rester neutre dans cette élection, mais entre-temps, il a officiellement soutenu Rémi Muzeau, le candidat UMP. Didier Schuller assure être mû par le désir de "nettoyer le département", car selon lui, "les gens en ont assez des combines de parti et ils savent que je suis apte à remettre de l'ordre à Clichy".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.