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La France s'attaque aux jeunes djihadistes

Elles devaient être annoncées dans quelques semaines. Mais le gouvernement a choisi d'accélérer le tempo. Le ministre de l'Intérieur va présenter une série de mesures pour lutter contre les filières.
Article rédigé par Stéphane Pair
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
  (Capture d'écran video Autre)

Ce plan anti-djihad des jeunes qui va être présenté par Bernard Cazeneuve a été en grande partie bâti par l'ex-locataire de la place Beauvau, un certain Manuel Valls.

La première de ces mesures concerne les passeports et les mineurs qui sont plus nombreux qu'avant à se rendre en Syrie ou sur d'autres terres d'élection du djihad pour combattre.

Aujourd'hui, c'est une spécificité française, les moins de 18 ans peuvent voyager seuls, sans autorisation parentale, ce qui a permis des départs de jeunes vers la Turquie ou la Syrie sans que leurs parents ne soient au courant. Et bien le gouvernement pourrait rétablir l'autorisation des parents pour sortir du territoire. 

Autre mesure importante la création de cellules, de structures – on ne sait pas encore à quel niveau – qui seront censées aider les pères et les mères à alerter et à faire face à des enfants en phase d'endoctrinement. L'idée c'est donc d'aider mais aussi de permettre aux parents de jouer un rôle actif dans l'avortement du projet ou même l'interception de leurs propres enfants sur la route du djihad.

Autre point important, la possibilité de ficher des jeunes candidats au djihad dans la base du fichier des personnes recherchées, un fichier tenu par le ministère de l'Intérieur et réservé aux policiers et aux gendarmes pour faciliter les recherches d'individus.

De la prévention sur Internet

Enfin et c'est une vraie nouveauté, une révolution de doctrine même pour le renseignement français, l'idée de faire, sur le Internet, de la prévention à destination des cyberdjihadistes. Mais on ne sait pas encore à quel niveau, par quel moyen ni sur quelle plate-forme.

Ce nouveau procédé est très contesté en interne par les spécialistes du renseignement. Ils préféraient jusqu'ici ne pas se faire voir sur le net. Et ils profitent beaucoup de l'activité des apprentis djihadistes (et des personnes qui les enrôlent) pour collecter un maximum d'informations.

Ce mardi, avant la présentation du plan, François Hollande a affirmé que ce plan était fait "pour que la religion ne soit pas utilisée à une fin abominable". 

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