La catastrophe de Brétigny due au basculement d'une éclisse mal entretenue (procureur)

L'éclisse, cette pièce de métal qui relie deux rails, ne tenait plus que par une vis qui a plié au passage du train. L'éclisse a alors basculée, le train a déraillé. Telles sont les conclusions de l'expertise judiciaire, qui pointe, selon le procureur de la République d'Evry, "un défaut de qualité de maintenance". La SNCF et RFF mettent, eux, l'accent sur les travaux d'entretien.

(A Brétigny, l'éclisse ne tenait plus que par une vis, au lieu de quatre normalement. La vise a plié, l'éclisse a basculé © MaxPPP)

Les voici donc, les rapports des experts sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge. Depuis la nuit dernière, on en connaît les conclusions, par des fuites dans la presse - pas étonnantes d'ailleurs, puisque ces rapports ont été communiqués aux parties civiles, comme le veut la procédure.

Initialement, les conclusions de ces rapports - il y en a deux, l'un général sur les causes du déraillement, l'autre plus spécialisé sur la nature du déraillement - auraient dû être communiquées cet après-midi par le procureur de la République d'Evry. Eric Lallement a maintenu son point presse, parce que "la justice doit la vérité aux victimes" . 117 personnes se sont constituées partie civile dans cette affaire.

Une centaine de défauts

Les expertises ont donc montré, selon le procureur, "une centaine de défauts qui ne sont pas la cause de l'accident" ; celui-ci, n'est pas non plus dû à un acte de malveillance : toutes les vis de l'éclisse ont été retrouvées sur les lieux de l'accident. L'accident, révèlent les experts, est dû à une maintenance inadaptée.

Le problème, c'est que l'éclisse n'était plus fixée que par une seule vis, sur les quatre normalement prévues. Au passage du train, la vis a plié, l'éclisse a basculé. Et le convoi a déraillé. 

Défaut de qualité de maintenance

Bref, pour les experts, ce basculement de l'éclisse trouve son origine dans un défaut de qualité de maintenance.

Les rapports ne disent pas qui sont les responsables. "Les investigations vont se poursuivre" , explique le procureur, "pour identifier les responsables de ces dysfonctionnements". Mais ça, c'est le travail des juges d'instruction... Le procureur peut juste émettre l'hypothèse que "les responsables de la SNCF et de RFF seront sans doute entendus par les juges".

Du côté de la SNCF et de Réseau ferré de France justement, on n'a pas encore eu accès aux rapports d'expertises - les deux entreprises ne sont pas parties civiles. Dès dimanche soir, les deux entreprises contestaient vigoureusement "tout état de délabrement du réseau" . Lors d'une conférence de presse, donnée en fin de journée, Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, a d'abord explique que "le retournement d'une éclisse était sans précédent en France" .

Avant de mettre l'accent sur tous les travaux de vérification du réseau qui avaient été entrepris depuis le drame... Et son homologue de RFF, Jacques Rapoport, d'ajouter que "l'entretien du réseau représentera cette année cinq milliars d'euros, alors que c'était trois milliards il y a six ans" .