Ziad Takieddine en garde à vue, après une suspicion de fuite

Le sulfureux homme d'affaires franco-libanais, au cœur de l'affaire Karachi, se serait procuré un vrai-faux passeport diplomatique, selon Mediapart.

Ziad Takieddine, le 12 avril 2013.
Ziad Takieddine, le 12 avril 2013. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

C'est un scoop de Mediapart confirmé par l'AFP et un de ses avocats, jeudi 30 mai. Selon le site d'information, le sulfureux homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, a été placé en garde à vue par les policiers de la Division nationale des investigations financières et fiscales (Dniff). Mis en examen dans l'affaire Karachi, ce qui lui vaut d'être soumis à un strict contrôle judiciaire qui lui interdit de quitter la France, il serait soupçonné de "préparer une cavale". Voici pourquoi.

L'achat d'un vrai-faux passeport

Selon le site, les enquêteurs ont acquis la certitude qu'il s'est procuré un "vrai-faux" passeport diplomatique de République dominicaine, pour la somme de "200 000 dollars (alors que le prix avait été fixe en euros...)". Ce document, dont une photo est visible sur le site d'info, a été émis en janvier 2013. Un vrai-faux passeport est un document authentique, mais obtenu de manière frauduleuse.

D'après Mediapart, le paiement aurait été "effectué depuis l'un des comptes du marchand d'armes à la Fransabank, une banque libanaise, par l'intermédiaire d'un avocat luxembourgeois". Les journalistes ajoutent que deux intermédiaires impliqués dans cet achat ont également été arrêtés et placés en garde à vue. Il s'agirait de deux dirigeants d'une société américano-panaméenne.

Le non-respect du contrôle judiciaire

Joint par France 2, Me Jean-Claude Guidicelli, un des avocats du sulfureux homme d'affaires, a réagi à la garde à vue de son client. Selon lui, Ziad Takieddine "n'a aucun intérêt à partir et ne m'a jamais exprimé ce désir", d'autant qu'il est "sur écoutes depuis plusieurs mois, et (...) marqué à la culotte". Reste que, "depuis quelques temps", Ziad Takieddine "ne se soumettait plus à son obligation de pointer au commissariat dans le cadre de son contrôle judiciaire". Une attitude qui pourrait venir étayer les soupçons des enquêteurs.