Justice : la mort de la justice de proximité programmée ?

Les avocats de petits tribunaux ont entamé une grève perlée contre ce qu'ils appellent la mort de la justice de proximité.

France 2

Certains petits tribunaux s'inquiètent de devoir être fusionnés. Les avocats ont donc lancé une grève perlée. Dans une salle d'audience d'Épinal (Vosges), où s'est rendue une équipe de France 2, pas de grand banditisme, ni de terrorisme, mais la justice du quotidien, des litiges à moins de 10 000 euros. Loyers impayés, conflits de voisinage, parfois pour des tout petits montants. 

Vers une déshumanisation de la justice

Ce jour-là, salle comble. Plus d'une vingtaine de dossiers plaidés, la majorité par des justiciables sans avocat. Chacun a le temps de s'expliquer. C'est la particularité du tribunal d'instance. Un tribunal qui avec la réforme pourrait être fusionné avec le tribunal de grande instance. Pour David Melison, président du tribunal d'instance d'Épinal, ses petits dossiers risquent de se retrouver au milieu de gros dossiers et de ne plus ainsi être sa priorité. Pour les justiciables, cela représente des risques de délais encore plus importants. La loi prévoit alors d'encourager des procédures dématérialisées, mais les avocats estiment pour leur part que ce serait déshumaniser la justice. Au total, 307 tribunaux d'instance sont menacés de devenir des chambres détachées qui ne garderont qu'une partie de leurs prérogatives.

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Statuette symbole de la Justice. La symbolique judiciaire utilise depuis le XIIIe siècle une figure de la mythologie grecque, Thémis, portant un glaive, une balance et les yeux bandés.
Statuette symbole de la Justice. La symbolique judiciaire utilise depuis le XIIIe siècle une figure de la mythologie grecque, Thémis, portant un glaive, une balance et les yeux bandés. (MAXPPP)