Affaire des "écoutes" : "Je n'ai jamais corrompu qui que ce soit", réaffirme Nicolas Sarkozy à l'ouverture de son procès en appel

"Je viens ici défendre mon honneur qui a été bafoué dans des conditions invraisemblables", a déclaré l'ancien président, condamné à un an de prison ferme en 2021.
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Nicolas Sarkozy au palais de justice de Paris, le 5 décembre 2022. (ALAIN JOCARD / AFP)

"Les mots sont forts : corruption, trafic d'influence. Je suis ancien président de la République, je n'ai jamais corrompu qui que ce soit." Nicolas Sarkozy a tenu ces propos, lundi 5 décembre, à l'ouverture de son procès en appel dans l'affaire dite des "écoutes".

"Quand on est innocent, on est indigné. Je viens ici défendre mon honneur qui a été bafoué dans des conditions invraisemblables. Je viens convaincre la cour que je n'ai rien fait", a lancé l'ancien président de la République.

"J'ai été mis en garde à vue devant les caméras du monde entier, libéré à 3h30 du matin, mes conversations ont été écoutées, des commissions rogatoires internationales ont été engagées, une pluie d'écoutes, de fadettes, ont été réalisées, trois semaines devant le tribunal correctionnel de Paris, deux semaines devant la cour d'appel", a-t-il énuméré.

"Je m'expliquerai sur chacune des écoutes"

"Toute cette affaire m'a gravement nui et si je fais appel (...) c'est parce que le tribunal correctionnel a indiqué qu'un faisceau d'indices fait de Nicolas Sarkozy (...) un coupable, a-t-il ajouté. Madame la présidente, je suis avocat, j'ai toujours appris qu'avec des indices graves et concordants, on vous mettait en examen, mais pour condamner, il faut des preuves. Où sont les preuves ?" a-t-il questionné.

Comme il est d'usage, la présidente de la cour d'appel Sophie Clément a vérifié l'identité de l'ex-chef de l'Etat, debout à la barre, en costume et cravate noirs sur chemise blanche. Elle lui a également rappelé son droit au silence. "Je n'ai jamais utilisé ce droit, ce n'est pas ici que je vais commencer", a répondu Nicolas Sarkozy, rejugé avec son avocat historique Thierry Herzog et l'ex-magistrat Gilbert Azibert, après avoir demandé à faire une déclaration liminaire.

"Nous allons entendre les écoutes, je m'expliquerai sur chacune des écoutes", a-t-il assuré, faisant valoir que les conversations entre un avocat et son client étaient protégées par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme.

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