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Journée "Justice morte" : "Dans tous les barreaux de France, personne ne lâchera rien", affirme le bâtonnier de Nanterre

Pierre-Ann Laugery, bâtonnier de Nanterre, a prévenu vendredi sur franceinfo que la mobilisation des avocats n'allait pas faiblir alors qu'a lieu une journée "Justice morte".

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Radio France
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Rassemblement d'avocats au barreau de Lyon dans la salle des pas perdus de la cour d'assises, le 21 mars. (MAXPPP)

Le bâtonnier de Nanterre (Hauts-de-Seine), Pierre-Ann Laugery, a prévenu vendredi 30 mars sur franceinfo que "dans tous les barreaux de France, personne ne lâchera rien". Ce bâtonnier a tenu ces propos alors qu'une nouvelle journée "Justice morte" est organisée partout en France à l'initiative d'avocats, de magistrats et des personnels du greffe. Il s'agit de contester le projet de réforme de la justice.

Depuis la dernière journée de mobilisation, la semaine dernière, rien n'a bougé, affirme Pierre-Ann Laugery. Il réclame "le retrait" du "projet en l'état" et la mise en place d'une "véritable concertation", "ce qui n'a pas été le cas" jusqu'à présent, selon lui. "Je pense que le gouvernement a décidé de promouvoir ce projet de loi à la va-vite alors qu'on avait le temps de le faire. Mais ça, c'est une constante de ce gouvernement qui consiste à aller vite, à faire plein de réformes et pas forcément tout maîtriser", estime le bâtonnier de Nanterre.

"Impact très lourd" pour le justiciable

La réforme, dévoilée par la ministre de la Justice Nicole Belloubet début mars, comprend cinq chantiers : sens et efficacité des peines, simplification de la procédure civile, simplification de la procédure pénale, transformation numérique et adaptation du réseau des juridictions. "Il y a un certain nombre d'avocats qui ont été sollicités pour travailler sur ces cinq chantiers", explique Pierre-Ann Laugery. Mais "ces avocats ont été des avocats alibis, puisque la plupart nous disent qu'ils n'ont pas pu obtenir gain de cause sur beaucoup de propositions qu'ils avaient faites", regrette-t-il, tout en mettant en garde contre l'"impact très lourd" pour le justiciable.

"Il y a 307 tribunaux d'instance qui vont être rattachés aux tribunaux de grande instance. Cela pose énormément de problèmes aux magistrats qui y travaillent, ils ne savent pas où ils vont aller, les personnels de greffe non plus. Et les justiciables vont perdre la proximité de ces juridictions", prévient le bâtonnier de Nanterre. Selon lui, le mouvement de colère "va probablement durer, au moins jusqu'à ce que le dossier soit transmis du Conseil d'État au Conseil des ministres", le 18 avril prochain.

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