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François Rebsamen (PS) : "La sécurité n’est ni de droite ni de gauche"

Président du groupe PS du Sénat et responsable des questions de sécurité dans l'équipe de François Hollande, François Rebsamen plaide pour une politique de sécurité plus "ferme, efficace et juste" face au "tout-répressif" du projet de l'UMP.
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Propos recueillis par - Sébastien Tronche
France Télévisions
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Rebsamen : "La droite a toujours fait de la sécurité un sujet électoraliste." (JEFF PACHOUD / AFP)

Président du groupe PS du Sénat et responsable des questions de sécurité dans l'équipe de François Hollande, François Rebsamen plaide pour une politique de sécurité plus "ferme, efficace et juste" face au "tout-répressif" du projet de l'UMP.

Quelle est la principale différence entre Nicolas Sarkozy et François Hollande sur les questions de sécurité ?

François Rebsamen - Nicolas Sarkozy a fondé sa politique de sécurité sur le tout répressif assortissant chaque fait-divers d'une loi. En cela, il traite le présent. L'approche de François Hollande est globale et traite de l'avenir. Nous voulons une politique de sécurité ferme, efficace et juste.

Nous estimons qu'il y a aujourd'hui une distance entre les discours et les résultats de Nicolas Sarkozy. Cela aide le Front national et Nicolas Sarkozy a une lourde responsabilité en la matière.

Quelle est la philosophie de votre projet sur la sécurité ?

Notre politique est orientée autour de quatre piliers. La prévention d'abord, car tout commence à l'école. La dissuasion, par le renforcement de la présence sur le terrain des forces de l'ordre, le rétablissement de la police de proximité, la fin de la RGPP ainsi que la création de zones de sécurité prioritaires pour rétablir l'ordre républicain.

Nous ne sommes pas opposés à l'utilisation de la vidéoprotection mais ce n'est pas la panacée.

Ensuite vient la sanction. En 2002, le premier rapport du Parti socialiste sur la sécurité, avec François Hollande, était intitulé : "Dur avec le crime, dur avec les causes du crime". Les socialistes ne craignent pas la sanction, mais l'inefficacité des lois actuelles. Il faut des sanctions rapides et adaptées car la sanction doit préparer la réinsertion.

Enfin, le dernier pilier est la réparation due aux victimes. Il faut cesser d'instrumentaliser les victimes pour justifier une politique du tout répressif.

Pensez-vous qu'il y a trop de lois en matière de sécurité ?

Trop de lois tue la loi. Il y en a eu 26 en dix ans. Certaines ne sont pas appliquées, d'autres n'ont pas eu leurs décrets d'application… Il faudra faire un bilan parlementaire de ces lois. Celles qui sont jugées efficaces seront gardées. Il n'y a pas d'a priori. Notre souci doit être l'efficacité.

La sécurité n'est ni de droite ni de gauche. Elle appartient à la République.

La droite en a toujours fait un sujet électoraliste. Nous souhaitons remettre de la sérénité sur les questions de sécurité et ne pas penser qu'un coup de baguette magique résoudra tous les problèmes.

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