Disparition d’Estelle Mouzin : "On n’a jamais lâché cette piste, parce que l’on connaît bien Michel Fourniret et Monique Olivier", affirme l'avocate du père

Corinne Herrmann, avocate d'Eric Mouzin, estime que ces aveux de Monique Olivier sont "certainement " dus au "dépaysement du dossier" et au "comportement de la juge d‘instruction qui a su nouer une relation avec elle".

Montage d\'une photo d\'Estelle Mouzin (à gauche), issue de l\'avis de recherche lors de sa disparition en 2003 et d\'une photo distribuée par la police à la presse le 19 janvier 2010, la représentant vieillie.
Montage d'une photo d'Estelle Mouzin (à gauche), issue de l'avis de recherche lors de sa disparition en 2003 et d'une photo distribuée par la police à la presse le 19 janvier 2010, la représentant vieillie. (POLICE / AFP)

"On n’a jamais lâché cette piste, parce que l’on connaît bien Michel Fourniret et Monique Olivier, pour avoir représenté d’autres victimes", a expliqué à franceinfo jeudi 21 novembre Corinne Herrmann, avocate d’Éric Mouzin, père d’Estelle Mouzin, qui avait disparu un soir de janvier 2003 alors qu'elle rentrait de l'école à Guermantes, en Seine-et-Marne. Son corps n'a jamais été retrouvé. Jeudi, devant la juge d’instruction de Paris, Monique Olivier s’est rétractée, contredisant l’alibi de son ex-mari Michel Fourniret. Ce dernier avait expliqué avoir appelé son fils depuis son domicile de Sart-Custinne, en Belgique, au moment de la disparition d’Estelle. Or, Monique Olivier a affirmé jeudi 21 novembre avoir elle-même passé cet appel à la demande de son mari, qui n'était pas chez lui à ce moment-là.

"Leur mode opératoire habituel"

"On était convaincus que cet alibi ne pouvait pas tenir", reprend Corinne Herrmann, "pour des tas de raisons techniques, mais aussi parce que c’est leur mode opératoire habituel. (…) On savait qu’à plusieurs reprises ils avaient utilisé l’alibi du téléphone. Donc il a pu être à Guermantes, on va le vérifier."

"Il y a toute une série de facteurs qui ont fait évoluer Monique Olivier", tente d’expliquer Corinne Herrmann. "Certainement que le dépaysement du dossier, de Meaux à Paris, et le comportement de la juge d‘instruction qui a su nouer une relation avec elle, échanger avec elle, et la respecter en tant que personne, fait qu’aujourd’hui elle a accepté de lui parler, à elle. Et d’ailleurs, elle a demandé à lui parler, en février. Il a fallu attendre tous ces mois pour qu’enfin elle soit entendue. Et qu’enfin Éric Mouzin puisse, peut-être, avoir la vérité."