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Deux Rwandais, soupçonnés d'avoir participé au génocide, seront jugés à Paris

Deux anciens bourgmestres de la commune de Kabarondo, dans l'est du pays, sont accusés d'avoir participé activement au génocide en 1994.

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Le palais de justice de Paris, le 4 février 2014, lors du premier procès d'un Rwandais pour sa participation présumée au génocide de 1994. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

Au début de l'année, le premier procès d'un génocidaire rwandais présumé s'est tenu à Paris. Le premier, mais pas le dernier. Des juges d'instruction parisiens ont ordonné le renvoi aux assises de deux anciens bourgmestres rwandais, Octavien Ngenzi et Tito Barahira, pour leur participation présumée au génocide de 1994, selon des sources judiciaires, vendredi 30 mai.

Mis en cause par de nombreux témoins, les deux hommes, qui contestent les faits, sont notamment accusés d'avoir participé au massacre de centaines de Tutsis réfugiés dans une église de la commune de Kabarondo dans l'est du Rwanda, le 13 avril 1994. Les accusations sont lourdes contre les deux hommes qui se sont succédé au poste de bourgmestre de Kabarondo (entre 1977 et 1994). Ce statut leur aurait conféré, selon une source judiciaire, une "influence considérable" sur la population permettant "une mise en œuvre rapide de la politique génocidaire".

Le massacre de centaines de personnes

Durant l'enquête, des témoins ont qualifié  Octavien Ngenzi, 56 ans, de "donneur d'ordre" et de "coauteur direct des crimes" commis dans la région de Kabarondo, selon une source judiciaire. Tito Barahira, 62 ans, est dépeint comme un "participant direct et convaincu", "un encadreur", "un participant actif" aux massacres. Plusieurs témoins ont décrit comment cet enseignant encourageait des habitants à "travailler". Pour lui, "'aller travailler' signifiait 'aller tuer'", a explicité un témoin. Les Interahamwe, les jeunes extrémistes hutus, lui "obéissaient au doigt et à l'œil", a dit un autre.

Le 13 avril 1994, des centaines de réfugiés, essentiellement tutsis, étaient regroupés autour de l'église de la commune où ils avaient afflué pour échapper aux tueries. En quelques heures, des centaines seront tués "dans des conditions effroyables", par des assaillants munis de gourdins, de lances, de flèches, de machettes, de grenades ou d'armes à feu, ont raconté des survivants.

Des victimes ou proches présents au procès

En mars, lors du premier procès en France sur le génocide rwandais, Pascal Simbikangwa a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle. Intervenu juste avant les commémorations du 20e anniversaire du génocide, ce verdict avait été salué comme une "étape importante" par le président rwandais Paul Kagame. Mais cette déclaration avait été suivie d'une crise diplomatique entre Paris et Kigali, quand Paul Kagame avait évoqué le "rôle direct" de la France, alors alliée du régime hutu, dans le génocide.

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