Apologie du terrorisme : bloquer les sites, pas si simple

A peine un mois après le décret d’application de la loi antiterroriste, l'ordre de blocage de cinq sites a été lancé lundi par l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information. Devant les difficultés de la tâche, le ministère de l'Intérieur parle d'une "phase de rodage".

(Juridiquement le blocage des sites est rendu possible par la dernière loi antiterroriste © MAXPPP)

Les cinq sites concernés lundi par l'ordre de blocage étaient dans le collimateur du ministère de l'Intérieur parce qu'ils présentaient des vidéos de décapitation ou encore des appels au djihad d’Abou Bakr Al Baghdadi, le numéro 1 de l’organisation Daech. Il ne s’agissait pas de sites d’opinion, mais de sites qui faisaient l’apologie du terrorisme, explique la place Beauvau.

Faute d’avoir trouvé l’hébergeur, c’est le fournisseur d’accès Internet qui a été sommé de bloquer les sites. Mais ce mardi matin encore, le blocage était en partie défaillant, sur certains ordinateurs ou téléphones portables. L'un de ces sites est même encore accessible dans sa version en anglais ou en turc. Et les auteurs de ces sites peuvent de toute façon chercher à les faire réapparaître ailleurs sur la toile, sur ce que l’on appelle le "darknet".

"On est dans une phase de rodage "

Il ne faut pas pour autant nous estimer vaincus, explique le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet : "Ce n'est pas un combat perdu d'avance mais il faut être évidemment très humble et très modeste. On est dans une phase de rodage. Ce qui est clair c'est que notre volonté c'est d'empêcher la propagande en libre accès."

 

Et le ministère de l’Intérieur compte poursuivre ces blocages, par dizaines, dans les prochaines semaines.