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Anticor : "le seul problème, c'est la question de l'indépendance vis-à-vis du gouvernement à cause de cet agrément", estime la présidente d'Anticor

L'association Anticor vient de recevoir l'agrément pour agir en justice dans les affaires de corruption, après six mois d'instruction.

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Radio France
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Université d'été d'Anticor, Nantes, septembre 2019 (JEREMIE LUSSEAU / HANS LUCAS)

"Il y a une épée de Damoclès placée au-dessus de nos têtes," a déclaré samedi à franceinfo, Élise Van Beneden, la présidente de l'association Anticor, au lendemain du renouvellement de son agrément après six mois de suspense. "Le vrai problème, le seul problème d'indépendance que connaît Anticor, c'est la question de l'indépendance vis-à-vis du gouvernement à cause de cet agrément."

"Une instruction qui nous a mis à l'épreuve"

Le Premier ministre Jean Castex a renouvelé vendredi l'agrément d'Anticor permettant à l'association d'agir en justice dans les affaires de corruption. Anticor redoutait d'en être privé pour des motifs politiques : "On a eu une instruction qui a duré six mois et qui nous a vraiment mis à l'épreuve. On nous a soupçonnés de prendre des directives de personnes qui ne sont pas administratrices de l'association, ce qui est complètement faux", explique la présidente de l'association.

Tout aurait pu s'arrêter net, notamment à cause d'une polémique mettant en cause Hervé Vinciguerra. Il est le plus gros donateur de l'association mais aussi l'un des récents soutiens d'Arnaud Montebourg pour l'élection présidentielle de 2022. "Hervé Vinciguerra ne nous donne plus d'argent, en tout cas depuis cette année, affirme la présidente de l'association.

"Il n'a absolument aucune marge pour interférer avec les orientations stratégiques d'Anticor"

Élise Van Beneden

franceinfo

"On a eu l'agrément, mais en même temps Jean Castex nous dit qu'il y a une procédure en cours, qu'il va y être très attentif, puisque le ministère de la Justice donne l'agrément mais il peut aussi le supprimer", rappelle Élise Van Beneden. "C'est pour ça qu'on plaide pour une modification de la procédure d'agrément, pour qu'elle soit confiée à une autorité indépendante comme la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ou le Défenseur des droits", conclut la présidente d'Anticor.

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