Affaire Tapie : Christine Lagarde pourra-t-elle rester au FMI ?

Si l'ex-ministre de l'Economie est mise en examen, elle pourra difficilement rester à la tête du Fonds monétaire international.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, lors d\'une réunion à Washington (Etats-Unis), le 18 avril 2013.
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, lors d'une réunion à Washington (Etats-Unis), le 18 avril 2013. (SAUL LOEB / AFP)

En pleine préparation des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI), la nouvelle tombe mal. Christine Lagarde, directrice générale de l'institution dont le siège est situé à Washington (Etats-Unis), est convoquée à la fin du mois de mai, concernant l'affaire Tapie, par la Cour de justice de la République (CJR), à Paris. Son avocat l'a confirmé jeudi 18 avril. Cette convocation était attendue, mais laisse planer des doutes sur l'avenir de Christine Lagarde.

La directrice générale du FMI sera entendue dans le cadre d'une enquête la visant depuis l'été 2011 sur des chefs de "complicité de faux" et de "complicité de détournement de fonds publics". Elle est soupçonnée d'avoir favorisé l'homme d'affaires Bernard Tapie quand elle était ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy en 2007, dans le règlement du contentieux l'opposant à l'Etat sur la revente d'Adidas, en 1993. A l'issue de son audition, elle sera soit placée sous le statut de simple témoin, soit sous celui de témoin assisté, soit mise en examen, a précisé son avocat.

Le directeur du FMI doit être "au-dessus de tout soupçon"

Après cette convocation, "on voit mal comment Christine Lagarde pourrait rester aux commandes du FMI", estime Mediapart. Jesse Griffiths, qui a piloté un think tank du FMI, a pour sa part confié au quotidien Libération (article payant) : "On savait depuis le début que c’était un mauvais choix [...] Après la bombe DSK, il était incroyable de porter son choix sur une personne dont on savait déjà qu’elle pourrait être rattrapée par la justice."  Rien dans les statuts du FMI n'oblige cependant son directeur général à quitter son poste en cas de mise en examen. Mais selon un observateur interne interrogé par le Le Figaro, le nouveau code éthique de l'organisation a été renforcé et "précise que le directeur général se doit 'd'être au-dessus de tout soupçon' ".

En tout cas, contrairement à ce qu'il avait fait le 20 mars, le conseil d'administration du Fonds ne publiera par de communiqué pour apporter son soutien à Christine Lagarde, selon Le Figaro. Cependant, tout en refusant de commenter une affaire judiciaire en cours, un porte-parole du FMI a affirmé, mercredi soir, que le comité exécutif de l'organisation, "mis au courant de cette affaire", continuait à "exprimer sa confiance dans la capacité de la directrice générale à mener à bien ses missions". Interrogée par France 24 sur le fait de savoir si elle devrait démissionner en cas de mise en examen, Christine Lagarde s'est pour sa part contentée de répondre qu'elle ne souhaitait pas "spéculer"