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Affaire Omar Raddad : "Il veut savoir qui a tué madame Marchal,", assure son avocate, qui réclame une révision du procès 31 ans après les faits

Omar Raddad sera fixé le 13 octobre sur les suites de la requête en révision de son procès, vingt-huit ans après sa condamnation pour le meurtre de Ghislaine Marchal dont il se dit innocent.

Article rédigé par Lauriane Delanoë
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Omar Raddad et son avocate Sylvie Noachovitch à la sortie d'une audience à huis-clos devant la commission d'instruction de la Cour de révision, le 15 septembre 2022. (LAURIANE DELANOE / RADIO FRANCE)

C'est l'une des affaires criminelles françaises les plus connues : Omar Raddad demande à être innocenté. La commission d'instruction de la Cour de révision décidera le 13 octobre prochain si la requête en révision du jugement d'Omar Raddad est recevable, a annoncé la Cour de cassation. Une audience devant la commission d'instruction de la Cour de révision avait lieu jeudi 15 septembre, en présence d'Omar Raddad, à huis clos. Le Toulonnais de 60 ans demande une nouvelle fois la révision du procès. 

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Cet ancien jardinier a été condamné à 18 ans de prison, pour le meurtre de sa patronne, Ghislaine Marchal, en 1991 dans sa villa de Mougins, dans les Alpes-Maritimes. Il avait été incriminé par la célèbre inscription "Omar m'a tuer", tracée avec le sang de la victime, près de son corps. 

"Il pourrait dire qu'il souhaite être blanchi, mais, lui, ça ne lui suffit pas"

En mai dernier, la défense d'Omar Raddad avait présenté lors d'une audience à huis clos de nouveaux éléments en faveur de sa demande de révision, 28 ans après sa condamnation pour le meurtre de Ghislaine Marchal. Devant l'audience à huis clos, Omar Raddad a pris la parole pour de nouveau clamer son innocence, comme il le fait depuis 30 ans. 

"Il veut que la vérité se fasse. Il ne dort pas et tant qu'il ne sera pas innocenté, il ne pourra pas dormir, insiste ainsi Me Sylvie Noachovitch, l'avocate de l'ancien jardinier. Omar Raddad s'est exprimé auprès de la commission pour dire ce qu'il avait dans le coeur et son souhait extrêmement fort qu'on trouve le nom du véritable assassin ou des véritables assassins. Parce que finalement, il pourrait vous dire qu'il souhaite être blanchi, mais, lui, ça ne lui suffit pas. Il veut savoir qui a tué madame Marchal, parce qu'il l'aimait, il était proche d'elle. Pour lui, c'est insupportable, intolérable de savoir dans quelles conditions absolument atroces dans lesquelles elle a été tuée", indique-t-elle à la presse, juste devant Omar Raddad, mutique.

Car, en effet, ce sont bien quatre ADN différents qui ont été retrouvés sur la scène de crime. Et grâce aux progrès scientifiques, on le sait maintenant : aucun n’est celui d’Omar Raddad. L’avocate demande donc de nouvelles expertises génétiques et veut aussi que la commission d’instruction entende de nouveaux témoins, et notamment des gendarmes, qui enquêtaient sur la piste d’un cambriolage, chez Ghislaine Marchal. Si cela pourrait innocenter le jardinier, l'avocat général demande, lui, que cette enquête soit écartée. Si la commission d'instruction de la Cour de révision décide que la requête d'Omar Raddad est recevable, cela ouvrira la possibilité d'un nouveau procès, un événement rarissime en France.

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