Menace de grève des IVG : nouvelle plainte contre le syndicat de gynécologues

Selon "Le Parisien", une Lilloise a porté plainte devant l'Ordre des médecins et participera ce mercredi à une réunion de conciliation. 

Manifestation devant le Conseil national de l\'Ordre des médecins après la menace du Syngof d\'arrêter de pratiquer les IVG, à Paris, le 18 mars 2019. 
Manifestation devant le Conseil national de l'Ordre des médecins après la menace du Syngof d'arrêter de pratiquer les IVG, à Paris, le 18 mars 2019.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)

"Il était impossible de les laisser se servir de l'IVG comme d'une monnaie d'échange." Gwendoline Cros, une habitante de Lille (Nord) âgée de 37 ans, a déposé une plainte devant l'Ordre des médecins et participera mercredi 10 avril à une réunion de conciliation avec Bertrand de Rochambeau, le président du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof), révèle Le Parisien

Mi-mars, le syndicat avait brandi la menace de stopper la pratique des interruptions volontaires de grossesse (IVG) pour négocier avec les autorités sur un sujet sans rapport avec l'IVG, le fonds de garantie de leur profession. 

"Cette emprise du pouvoir médical sur notre corps est insupportable"

Gwendoline Cros a eu recours à l'IVG il y a dix ans. "Pas par plaisir, mais parce que je n'étais pas, à cette époque, capable d'élever un enfant. Il fallait le faire", témoigne-t-elle. Et d'ajouter : "Cette emprise du pouvoir médical sur notre corps est insupportable." Selon le quotidien, la jeune femme a fait valoir dans ses deux plaintes, visant l'ancien et le nouveau président du syndicat, les articles 3 et 31 du Code de santé publique. Ils rappellent que "tout médecin doit s'abstenir de tout acte de nature à déconsidérer sa profession".

Anaïs Leleux, une militante féministe au sein du Groupe F., avait déjà déposé une plainte à l'encontre du Syngof, mais auprès du procureur de la République de Paris. La plainte reposait sur des faits "d'incitation à l'entrave à l'IVG" et "d'atteinte au droit des patientes de choisir librement leur médecin".

Début avril, le Conseil national de l'Ordre des médecins a de son côté décidé de saisir la juridiction interne de l'Ordre contre trois responsables du Syngof. La "juridiction ordinale" peut prononcer des sanctions allant de l'avertissement à l'interdiction temporaire ou permanente d'exercer, voire la radiation de l'Ordre.