Malte : des médecins déposent un recours contre l'interdiction d'avorter et espèrent obtenir un procès

L'archipel est le seul pays de l'UE interdisant complètement les avortements, ce qui empêche des "soins immédiats et opportuns", selon le document.

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La ville de La Vallette (Malte), le 5 janvier 2022. (MAISANT LUDOVIC / HEMIS.FR / AFP)

Quelque 135 médecins de Malte ont déposé un recours juridique contre l'interdiction de l'avortement dans cet archipel de 460 000 habitants, lundi 27 juin, où les femmes risquent jusqu'à trois ans de prison en cas d'IVG. Le recours demande la suppression d'un article du Code pénal prévoyant jusqu'à quatre ans de prison et l'interdiction à vie d'exercer pour les médecins pratiquant des avortements.

Cette disposition "empêche les médecins de fournir des soins immédiats et opportuns, et ce retard met en danger la vie et la santé des femmes enceintes", estiment les médecins à l'origine du recours déposé contre le Premier ministre et le ministre de la Santé. Ces professionnels de santé espèrent maintenant un procès pour plaider leur cause. Selon l'ONG Doctors for Choice, qui milite pour la légalisation de l'avortement, ils représentent environ 5% des médecins de l'archipel méditerranéen.

Un récent cas a suscité des protestations

Leur démarche intervient environ une semaine après qu'un hôpital maltais a refusé de faire avorter une touriste américaine souffrant de complications liées à sa grossesse. Andrea Prudente, 38 ans, y était en vacances lorsqu'elle a perdu les eaux après un fort saignement durant sa 16e semaine de grossesse. Le bébé n'avait aucune chance de survivre, mais les médecins ont refusé d'intervenir.

Les Américains Jay Weeldreyer et Andrea Prudente à l'hôpital de Msida, le 23 juin 2022, à Malte. (HANDOUT / JAY WEELDREYER)

Son mari, Jay Weeldreyer, avait déclaré que les médecins attendaient qu'elle fasse une fausse couche naturelle, que les battements de cœur du bébé s'arrêtent ou "qu'elle ait une infection potentiellement mortelle" qui les inciterait à agir. Préoccupé par le risque de septicémie, le couple a finalement été transporté par avion en Espagne, où la femme a reçu un traitement, selon lui. L'incident a suscité des protestations à Malte et attiré l'attention internationale sur les lois de ce pays majoritairement catholique. Malte est le seul pays de l'Union européenne interdisant complètement les avortements.

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