Contraception gratuite pour les femmes de moins de 25 ans : une "bonne nouvelle" saluée par le Planning familial

Ce jeudi matin sur France 2, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé la gratuité de la contraception hormonale pour toutes les femmes jusqu’à 25 ans.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Une plaquette de pillules contraceptives de troisième génération. (Photo d'illustration) (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Caroline Rebhi, co-présidente du Planning familial a qualifié jeudi 9 septembre sur franceinfo de "bonne nouvelle", l'annonce par le ministre de la Santé Olivier Véran de la gratuité de la contraception pour toutes les femmes jusqu’à 25 ans. Selon elle, "cela répond aux inégalités d'accès à la contraception un peu partout".

franceinfo : Comment accueillez-vous cette annonce d'Olivier Véran ?

Caroline Rebhi : C'est une bonne nouvelle pour le Planning familial. Cela fait un moment maintenant que le Planning revendiquait cette mesure. D'une part, cela répond aux inégalités d'accès à la contraception un peu partout. Aujourd'hui si à 25 ans, vous vouliez avoir accès à une contraception de manière gratuite et anonyme, il fallait vous rendre dans un centre de planification, par exemple. Il n'y en a pas partout. Cela sera accessible en ville de la même manière que pour les mineurs. C'est plutôt une bonne chose. Et puis, la consultation qui pouvait coûter parfois très cher par certains professionnels était aussi un frein d'accès aux soins.

25 ans est une limite d'âge pertinente, selon vous ?

Cela pourrait même aller jusqu'à 30 ans parce qu'aujourd'hui, la précarité ne fait qu'augmenter. C'est une première étape, mais on voit par exemple aujourd'hui que certaines femmes sont encore au chômage à 30 ans, et ont besoin d'une contraception gratuite car certains moyens de contraception coûtent encore cher.

Existe-t-il d'autres freins à l'accès de la contraception des jeunes femmes que la question du prix ?

Oui, il y a l'accès, c'est-à-dire en termes de lieux. Si vous voulez obtenir un contraceptif sans dépassement d'honoraires ou anonyme ou confidentiel, il faut vous rendre dans un centre de planification. Il n'y en a pas partout, que ça soit en zone rurale ou même en Outre-mer. L'autre frein, c'est le manque de formation des médecins. Cette mesure doit aussi s'associer à la formation de professionnels qui vont la mettre en pratique.

En quoi l'accès à l'anonymat est-il une notion importante ?

A l'âge de 18-20 ans, certaines personnes sont encore sous le contrôle de leurs parents pour prendre des médicaments ou des contraceptifs. Elles n'ont pas forcément envie de parler de leur sexualité à leurs parents parce que la sexualité, globalement, est un sujet tabou encore dans les familles. Donc c'est une mesure importante en effet. Il ne faut pas non plus oublier que beaucoup de femmes sont victimes de violences conjugales, et qu'elles souhaitent parfois prendre la contraception de manière anonyme parce que leur conjoint est violent.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers IVG

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.