Un manifeste pour le droit à l'avortement dans toute l'Europe signé par 343 femmes

Elles entendent par ce texte rendre hommage au célèbre manifeste par lequel 343 Françaises avaient revendiqué, en 1971, avoir eu recours à un avortement alors criminalisé.

Des manifestants sont réunis à Dublin (Irlande), avant le référendum sur l\'avortement, le 26 mai 2018.
Des manifestants sont réunis à Dublin (Irlande), avant le référendum sur l'avortement, le 26 mai 2018. (PAUL FAITH / AFP)

Elles s'inquiètent de la "montée des nationalismes et du conservatisme". Trois cent quarante-trois femmes de 28 pays d'Europe publient, vendredi 12 octobre, un "manifeste" pour le "droit à un avortement sûr et légal dans toute l'Union européenne". Les signataires, parmi lesquelles des militantes féministes, des universitaires, de "simples citoyennes" et de nombreuses élues (surtout de gauche et écologistes), entendent par ce texte rendre hommage au célèbre manifeste par lequel 343 Françaises avaient revendiqué, en 1971, avoir eu recours à un avortement alors criminalisé.

Intitulé "Mon corps, mes droits", le texte a été publié vendredi par l'hebdomadaire L'Obs, comme celui d'il y a quarante-sept ans. "Le droit à un avortement sûr et légal a été obtenu de haute lutte dans de nombreux pays européens, mais dans d'autres, certaines femmes n'ont toujours pas le choix de leur propre corps", regrettent les signataires. "A travers cet appel, nous refusons de baisser les bras face aux politiques régressives du continent", affirment encore les 343 signataires, soulignant le "danger" qui pèse, selon elles, sur un droit "essentiel", qui n'est "ni un caprice ni une option, mais une nécessité".

L'IVG reste interdite dans plusieurs pays d'Europe

Parmi les signataires françaises, on relève les noms des féministes Caroline De Haas et Fatima Benomar, de la coprésidente du Planning familial Véronique Séhier, ou encore de l'ex-ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol.

Si l'avortement est légal dans la plupart des pays d'Europe, on compte quelques exceptions notables. Ainsi, en Irlande, l'IVG est seulement en passe d'être libéralisé, à la suite d'un référendum en mai dernier. Dans la province britannique d'Irlande du Nord, l'avortement reste illégal, même en cas de viol, inceste ou malformation grave du fœtus. Il est autorisé uniquement si la grossesse menace la vie de la mère. Les contrevenantes risquent une peine d'emprisonnement à vie.

Autre pays de l'UE disposant de lois très restrictives : la Pologne, qui ne permet l'avortement qu'en cas de viol, inceste, danger pour la vie de la mère ou malformation irréversible du fœtus. Début 2018, une tentative des ultraconservateurs de limiter encore l'accès à l'IVG a entraîné d'importantes manifestations à travers le pays. La petite principauté d'Andorre (85 500 habitants) est l'un des derniers États d'Europe – avec Malte, Saint-Marin et le Vatican – à interdire totalement l'avortement, même en cas de viol, inceste, maladie du fœtus ou danger pour la mère.