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Pris à partie par des sans-papiers, Manuel Valls s'en tient aux "critères"

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Hervé Pozzo
Article rédigé par
France Télévisions

Le ministre s'est rendu, dimanche, sur le marché d'Antony (Hauts-de-Seine) pour soutenir le candidat PS aux législatives partielles. L'occasion pour des sans-papiers et des associations qui les défendent de lui rappeler son action avant qu'il passe à l'Intérieur.

POLITIQUE – Passage mouvementé au marché d'Antony (Hauts-de-Seine), dimanche 2 décembre, pour Manuel Valls. Le ministre de l'Intérieur, venu soutenir Julien Landfried, le candidat de la gauche aux législatives partielles du 9 décembre face à Patrick Devedjian (UMP), a été interpellé par des membres du Réseau éducation sans frontières (RESF) et plusieurs sans-papiers. Notamment Francis Mumbudi, dont il avait parrainé les enfants, deux ans auparavant.

En décembre 2010, Manuel Valls, alors maire d’Evry (Essonne), avait en effet procédé au "parrainage" des deux enfants de Jolie Mumbudi et de son mari. En situation illégale, ce dernier, qui avait passé près de six ans en France, avait été expulsé fin août vers Kinshasa (RD Congo), laissant en France sa femme et ses deux enfants.

Pas dans les critères de la nouvelle circulaire

A l’époque, Manuel Valls avait pris fait et cause pour la famille et obtenu l’attribution à Evry d’un logement de taille adéquate, condition sine qua non pour entrer dans les critères de la procédure du regroupement familial. Mais Jolie Mumbudi avait perdu son emploi, ce qui l'avait empêché de pouvoir prétendre à accueillir son mari. Jofrisse, 7 ans, et Kenny, 4 ans, ont tout de même retrouvé leur père, revenu en France en décembre 2011, mais toujours sans papiers.

Francis Mumbudi est aujourd’hui demandeur d’asile, mais ne rentre pas dans les critères de la circulaire Valls du 28 novembre. Le texte indique qu’il faut à une famille cinq années de présence en France pour être régularisée. Or, Francis Mumbudi n’est revenu dans l'Hexagone qu'en décembre 2011 et les bénévoles de RESF croient savoir que cette date sera considérée par la préfecture comme celle d’entrée sur le territoire. Après plusieurs courriers au ministre de l’Intérieur, les époux Mumbudi disent garder espoir. Et leurs soutiens ont profité de la visite du ministre à Antony pour lui rappeler, de manière énergique, son action en faveur des Mumbudi avant qu'il prenne les commandes de l'Intérieur.

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