Lutte contre le terrorisme : "L'État de droit ne doit pas être un droit d'impuissance", juge David Lisnard

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Article rédigé par franceinfo
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Après l'attentat d'Arras, le président LR de l'association des maires de France a jugé mercredi sur franceinfo qu'il faut "incarcérer" les citoyens Français dès lors qu'ils sont "radicalisés et dangereux".

"L'État de droit ne doit pas être un droit d'impuissance", a jugé mercredi 18 octobre sur franceinfo le président de l'association des maires de France, David Lisnard, cinq jours après l'attaque terroriste qui a tué un professeur à Arras. Le maire LR de Cannes juge qu'il faut "incarcérer" les citoyens Français dès lors qu'ils sont "radicalisés et dangereux", même avant tout passage à l'acte. "L'acte de propagande idéologique c'est un acte, l'ordre public ne passe pas forcément pas une violence publique", a argumenté David Lisnard.

Concernant les étrangers fichés S, David Lisnard souhaite que "ceux qui adhèrent à une idéologie qui veut nous exterminer ne soient pas sur le territoire national". Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin veut justement intégrer à son projet de loi Immigration une disposition pour retirer son titre de séjour à un étranger qui adhère à une "idéologie jihadiste radicale".

"Il s'agira d'adapter le droit et d'avoir des personnes à la direction du pays qui n'attendent pas des drames pour travailler de manière clinique et méthodique pour lutter contre ces phénomènes", poursuit le président de l'association des maires de France qui juge que "ça passera forcément par un changement constitutionnel". "Aujourd'hui, vous n'avez pas dans le cadre constitutionnel la possibilité de faire supplanter le droit à la sécurité au-dessus du droit à constituer une famille sur le territoire, tout ça n'est plus possible", insiste-t-il.

Face à la difficulté d'expulser des étrangers, et d'obtenir des laissez-passer des pays d'origine, David Lisnard dénonce une "bureaucratie" et une "impuissance publique". "C'est cette impuissance publique que l'on n'accepte plus". Alors qu'Emmanuel Macron a demandé aux préfets de "passer au peigne fin" les fichiers des étrangers radicalisés, David Lisnard s'insurge : "J'étais convaincu que tous les jours ces services passaient au crible les fichés S, qu'on essayait d'expulser ou d'incarcérer les étrangers qui sont dangereux, je découvre qu'il faut attendre un attentat".

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