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Il accueille une famille syrienne : "Un geste d'amour envers son prochain"

Une conférence internationale a lieu ce mardi à Paris sur les minorités victimes de violences au Moyen-Orient, notamment les Chrétiens d'Orient persécutés par Daech en Irak. Certains ont trouvé refuge en France. Reportage en Seine-et-Marne où Pierre accueille une famille irakienne de six personnes.
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Radio France
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 (A droite Pierre, qui accueille la famille (ici les deux parents et deux enfants) accompagnés d'une voisine © DR / Benjamin Illy)

"Un plan d'action" doit être dévoilé ce mardi, à l'occasion d'une grande conférence internationale organisée à Paris, sur les minorités victimes de violences au Moyen-Orient. Une conférence qui sera ouverte par François Hollande et qui va réunir une soixantaine de pays, et de nombreuses associations ou ONG.

Au coeur de cette conférence, évidemment, le sort réservé aux Chrétiens d'Orient, persécutés par Daech depuis la prise de Mossoul en Irak, en juin 2014. Beaucoup tentent de fuir, certains y parviennent, et sont accueillis en France, dans des familles qui acceptent de partager leur toit.

"Une question de vie ou de mort pour eux"

C'est le cas en Seine-et-Marne, à Sonville, un hameau situé sur le commune de Chaintreaux, perdu au milieu des champs, 50 habitants. Depuis plus de trois mois, une famille de Chrétiens d'Irak, une famille de six personnes originaires de Karemles, près de Qaraqosh, a trouvé refuge dans un ancien corps de ferme qui appartient à Pierre Caune.

A 45 ans, ce technicien à la Poste a ouvert sa porte sans hésiter : "Il n'y a pas le choix, c'est une question de vie ou de mort pour eux, c'est un geste d'amour envers son prochain, voilà c'est tout ", dit-il pour expliquer son geste.

En Seine-et-Marne, Pierre Caune abrite une famille chrétienne irakienne de six personnes depuis trois mois, reportage Benjamin Illy
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"Rester en France pour l'avenir de nos enfants"

Les cours de français dispensés par Pierre deux fois par semaine commencent à porter leurs fruits, surtout pour les plus jeunes : Nadia 22 ans, Saraf 20 ans, Maximilien et Nancy 11 et 10 ans. Les parents, Tomas, agriculteur de métier, et Khawla, biologiste, ont un peu plus de mal, mais pas de quoi les freiner.

Avec leur visas d'asile, obtenu grâce à l'Association d'entraide aux minorités d'Orient, avec bientôt des cartes de résidents valables 10 ans, leurs vies désormais seront en France, ils en sont persuadés : "L'Irak c'est un pays détruit aujourd'hui, nous avons laissé là-bas les souvenirs, notre tradition, nos amis, nous on voudrait rester en France pour l'avenir de nos enfants ".

"Chez les Irakiens on dit : je la mettrai dans mes yeux"

Et la solidarité s'organise à Sonville autour de la famille de Tomas et Khawla. La voisine d'en face donne un coup de main pour faire les courses, pour aller chez le médecin ou... à l'église : cette voisine s'appelle Chantal Seigneur. "Certains disent : il y a tellement de gens malheureux en France, pourquoi on va chercher des Irakiens ? C'est lamentable ", répond Chantal. "Chantal pour moi c'est comme une grande soeur ", commente Khawla, "chez les Irakiens on dit : je la mettrai dans mes yeux ".

"C'est la vocation de la France d'aider ces populations malheureuses" - La voisine Chantal
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Selon les associations, plus de 2.000 Chrétiens d'Orient ont pu bénéficier d'un visa d'asile français depuis l'été 2014.

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