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Vidéo "Leur pardonner, c'est les laisser recommencer" : le témoignage glaçant d'une victime de violences conjugales

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Durée de la vidéo : 2 min.
Violences conjugales : le témoignage glaçant d'une victime
France 2
Article rédigé par
France Télévisions

Depuis janvier 2019, 138 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Certaines y ont réchappé, à l'image d'Adélaïde. Son ancien compagnon a été condamné à deux reprises pour des violences.

Adélaïde a été victime de violences conjugales pendant trois ans. "J'ai rencontré cet homme en juillet 2005. On a entamé une relation assez vite. Ça a été une relation, comme souvent, passionnelle et fusionnelle, très forte dès le début. Les insultes et le rabaissement ont commencé quelques mois après le début de notre relation, et les coups ont commencé six, sept mois après", explique-t-elle.

Pendant trois ans, la jeune femme a pris "des coups de poing et des coups de pied dans le ventre, des coups de boule, des coups de porte". "On essaie de leur pardonner, on essaie de comprendre surtout. Mais comprendre, c'est cautionner, leur pardonner, c'est les laisser recommencer", affirme-t-elle.

Les choses empirent au point qu'un jour, Adélaïde est frappée alors que sa mère est présente dans la pièce. Cette dernière se retrouve à essayer de défendre sa fille, et finit par être mise à terre par le conjoint. "Là, on réalise avec sa mère au sol et son enfant de six mois qui crie, que ce n'est plus possible, et que ça va très mal finir", se souvient Adélaïde.

Le harcèlement continue malgré les condamnations

L'homme a été jugé et condamné à six mois de prison avec sursis. Il a également eu des dommages et intérêts à payer. Il avait également interdiction de rentrer en contact avec Adélaïde et une obligation de soins. "Mais tout ceci n'a pas été suivi, relate-t-elle. Pendant l'année qui a suivi, j'ai déposé trois plaintes supplémentaires avec certificats médicaux mentionnant des ITT [interruption temporaires de travail]. Et d'ajouter : "J'ai déménagé 7-8 fois depuis que j'ai quitté cet homme puisque quand il y a un jugement, quelque chose qui lui donne notre adresse, on fuit."

"J'espère que cela s'arrêtera pour moi un jour, poursuit-elle. "J'espère surtout que l'on va prendre conscience du danger qu'encourent les femmes comme moi", avant de formuler cette requête : "J'aimerais surtout que l'on prenne beaucoup plus de temps pour lui suivi psychologique de ces hommes puisque je pense que c'est de ce côté-là que tout découle."

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