Vidéo StopFisha, les justicières du Net qui luttent contre le "revenge porn" et autres cyberviolences sexistes

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Envoyé spécial
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France Télévisions

Des images intimes partagées dans le cadre d'une relation amoureuse, puis dévoilées parfois des années plus tard sur les réseaux sociaux... Pour lutter contre le "revenge porn" (mais pas seulement), un collectif baptisé StopFisha traque les comptes qui affichent le corps des filles dans le but de leur nuire. "Envoyé spécial" a suivi ces justicières du Net.

Le phénomène a explosé depuis le premier confinement, en mars 2020 : sur les réseaux sociaux ont déferlé des milliers de comptes diffusant des photos intimes de femmes parfois mineures, le plus souvent sans leur consentement. Pour lutter contre le cyberharcèlement à caractère sexuel, un groupe d'étudiantes a créé un collectif, StopFisha.

Qu'est-ce qu'un "contenu fisha" (pour "affiche", en verlan) ? Il peut s'agir de "revenge porn", quand un ex-petit ami diffuse pour se venger des selfies dénudés (ou "nudes") qui lui ont été envoyés, parfois avec le nom et de l'adresse de la jeune fille. Diffuser du contenu à caractère sexuel sans consentement est un délit qui peut lui valoir deux ans d'emprisonnement et 60 000 euros d'amende. Il peut aussi s'agir de "demandes de renseignements" postées sous une photo – une façon de "partir à la chasse sur les réseaux sociaux ou sur Internet", explique une membre du collectif.

"Chasse aux nudes" sur Internet et échanges via Telegram

Selon StopFisha, c'est principalement sur la messagerie cryptée Telegram que se partagent ces derniers mois ces contenus illicites, au sein de chaînes de discussion rassemblant parfois des milliers de membres. Le compte "Vanille Caramel", que le collectif cherche à faire bloquer depuis un an, en compte environ 15 000. Des hommes pour la plupart, qui se livrent selon le collectif StopFisha à une "chasse aux nudes sur internet", puis se les échangent – pas toujours gratuitement.

"C'est un peu une façon de te punir d'avoir fait des nudes, de dire 'A partir du moment où tu as envoyé ces photos-là, tu as comme accepté de, un jour ou l'autre, te retrouver affichée sur les réseaux sociaux'. Sauf qu'à aucun moment une personne qui envoie des nudes ne valide un contrat imaginaire disant 'Je valide de me retrouver un jour sur le canal fisha'."

Hana, militante du collectif StopFisha

dans "Envoyé spécial"

Comment lutter contre les comptes fisha ? Lorsque les militantes en identifient un, leur seule arme, c'est d'avertir en temps réel Pharos, le portail officiel dédié au signalement des contenus illicites sur Internet, ou alors de signaler directement le compte sur la plateforme concernée (Telegram, Snapchat, Instagram, etc.). Il existe plusieurs motifs de signalement : "indésirable", "violence", "abus de mineur", "pornographie"... Ce jour-là, StopFisha envoie notamment un signalement pour six messages qui cochent toutes les cases. Il "sera examiné par notre équipe", promet l'accusé de réception de l'application Telegram.  Certaines filles du groupe se montrent sceptiques quant au résultat, "mais en général, le fait de faire des signalements groupés, ça porte ses fruits", assure une militante.

Extrait de "Génération Nude : quand le corps vaut de l’or", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 16 décembre 2021.

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