VIDEO. "Bande de bites" : une publicité choc dénonce le harcèlement sexuel

Attention, la vidéo peut "choquer un public non averti", notamment les plus jeunes.

Capture d\'écran du clip publicitaire \"Bande de bites\".
Capture d'écran du clip publicitaire "Bande de bites". (TBWA PARIS / HANDSAWAY)

"Je n'avais qu'une envie, c'était leur écraser les couilles avec mes talons pour qu'ils me lâchent !" L'agence TBWA a dévoilé un clip publicitaire contre le harcèlement sexuel, jeudi 25 janvier, pour le compte de l'application HandsAway, qui lutte contre le harcèlement et les agressions sexuels. "Ce film a été réalisé avec de vrais témoignages de femmes", précise la vidéo. La vidéo débute lors d'une soirée classique. Les sexes de trois fêtards se détachent ensuite de leurs propriétaires, avant de harceler les femmes dans les rues et les espaces publics.

L'idée est "partie du langage courant, puisqu'on dit qu'un homme obsédé pense avec sa bite, explique Faustin Claverie, l'un des deux créateurs du projet, à franceinfo. Les pénis prennent tellement le contrôle de l'homme qu'ils vivent leur propre vie."

La vidéo diffuse également des témoignages de femmes victimes de harcèlement et d'insultes, recueillis via l'application HandsAway. "Dans la rue, la nuit, il y en a qui traînent en bande, ils ne cherchent qu'à baiser. C'est vraiment leurs bites qui prennent le contrôle, lance l'une d'entre elles. C'est quand même ouf [fou] d'être traitée de salope alors que, juste, je portais une jupe. Pour certains, on n'est plus qu'un objet, juste un trou, un aspirateur à bite." 

"Parler du problème quotidien du grand public"

"Ce film est ancré dans une scène banale – un apéro entre amis, soutient de son côté Benjamin Marchal, coauteur de la vidéo. Ces récits étaient affligeants et violents, à tel point qu'on s'est regardés en se disant : 'Ce n'est pas possible'." Les deux hommes souhaitent ainsi montrer que le harcèlement et les agressions sexuels sont une réalité quotidienne en France. 

Le harcèlement des femmes est extrêmement médiatisé, mais on a l'impression qu'avec l'affaire Weinstein, le thème a été un peu vampirisé par les comédiennes ou les mannequins. On trouvait important de parler du problème quotidien du grand public, dans les rues des villes françaises.Faustin Claverie, directeur de création chez TBWAà franceinfo

Le clip se termine d'ailleurs avec un triste constat : 82% des Françaises ont subi le harcèlement de rue avant leurs 17 ans. La vidéo appelle à "dénoncer les agissements de cette minorité d'hommes, dont sont victimes une majorité de femmes".

"Pour montrer la violence verbale, il fallait l'accompagner d'une violence visuelle" tout en s'assurant "que la vidéo reste regardable", résume Benjamin Marchal. Les deux créateurs se sont posé des questions très précises pendant le travail d'animation 3D : "On s'est interrogés sur la taille des sexes, par exemple, et leur orientation. Sur la présence de poils ou non, également." La vidéo demeure toutefois réservée à un public averti.