"Libérons la parole des hommes" : "Marianne" défend le "second degré" de sa une sur #BalanceTonPorc

"Les hommes monopolisent la parole depuis des siècles. Mais depuis quelques mois, ils se planquent", explique Renaud Dély, à propos de sa couverture polémique.

La une de l\'hebdomadaire \"Marianne\", le 18 janvier 2018.
La une de l'hebdomadaire "Marianne", le 18 janvier 2018. (MARIANNE)
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Robin PrudentFrance Télévisions

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A peine publiée, aussitôt décriée. Jeudi 18 janvier, l'hebdomadaire Marianne a publié la une de son prochain numéro sur Twitter. Le titre ? "Libérons la parole des hommes". Quelques mois après le début des mouvements #BalanceTonPorc et #MeToo, autant dire que l'accueil a été très contrasté : "C’est vrai qu’on ne les a pas entendus au cours des 21 derniers siècles", tacle ainsi une journaliste de Mediapart. "On s'est aperçu que, sur ce sujet, les hommes se planquaient, n'osaient pas s'exprimer, justifie le directeur de la rédaction de Marianne, Renaud Dély, à franceinfo. Il y a évidemment du second degré dans le titre."

Un "second degré" pas évident pour tout le monde. Rapidement, de nombreux internautes ont critiqué une énième une consacrée aux hommes : "Antiféminisme décomplexé", "parodie de Valeurs Actuelles", "pas de nuances"... Une incompréhension, pour Renaud Dély : "Il ne s'agit pas de prétendre que la parole des hommes est empêchée dans la société, mais qu'ils sont dans une redoutable discrétion depuis trois mois..."

Les hommes monopolisent la parole depuis des siècles. Mais depuis quelques mois, ils se planquent.Renaud Dély, directeur de la rédaction de "Marianne"à franceinfo

"Les hommes sont étrangement silencieux"

Le directeur de Marianne affirme aussi que le journal a, à plusieurs reprises, mis à la une des témoignages de femmes après l'affaire Weinstein et les campagnes #BalanceTonPorc et #MeToo. Après vérification, depuis, l'hebdomadaire a consacré une couverture aux "victimes oubliées" du harcèlement sexuel, ainsi qu'une autre à un "débat choc", "féminisme contre féminisme", entre la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa et l'essayiste Caroline Fourest.

"On a entendu les femmes sur ce mouvement, comme la semaine dernière avec la tribune polémique sur le 'droit d'importuner'. Cette fois, on fait parler des hommes anonymes et des personnalités, parce qu'ils sont étrangement silencieux", explique-t-il.

On a voulu faire un pas de côté, mais l'hystérie ambiante sur Twitter n'est pas vraiment compatible avec le second degré de notre une.Renaud Dély, directeur de la rédaction de "Marianne"à franceinfo