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Harcèlement sexuel : un professeur décrit comme un "prédateur" suspendu à l'université Panthéon-Assas

Un chargé de travaux dirigés de 27 ans a été suspendu fin mars. Il aurait harcelé sexuellement une soixantaine d'étudiantes et aurait eu des relations sexuelles non protégées avec plusieurs d'entre elles.

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France Télévisions
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Des étudiants devant l'université Panthéon-Assas, le 23 février 2016 à Paris. (ISA HARSIN / SIPA)

Mise à jour le lundi 16 mai 2022 : cette affaire a fait l’objet d’un classement sans suite par le parquet de Paris, le 11 mai 2020 

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Les témoignages décrivent un "prédateur", qui aurait mené une véritable "chasse" aux étudiantes. Un enseignant de l'université Paris 2 Panthéon-Assas a été suspendu de ses fonctions fin mars, selon les informations du Figaro. "Une procédure a été lancée auprès du procureur de la République le 10 avril 2019", indique l'administration de la faculté, contactée par le journal. Franceinfo revient sur cette affaire.

Quels sont les faits reprochés ?

Les témoins interrogées par Le Figaro et Le Parisien décrivent un mode opératoire bien huilé. L'homme aurait contacté les étudiantes sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, et par e-mail. "Je te trouve plutôt très mignonne", "Fais gaffe, je suis assez sensible aux filles mignonnes comme toi", "Au passage, sachez que votre tenue de ce matin vous allait à ravir", leur aurait-il glissé. De premiers messages qui auraient rapidement été suivis d'invitation à se rencontrer : "Es-tu dispo par hasard ce soir ?", "Tu préfères un verre ?".

J'ai vu les messages qu’il envoyait aux filles et ce sont les mêmes à chaque fois. Il lançait son filet en envoyant plein d'e-mails à tout le monde et il voyait les poissons qu’il attrapait.

Un étudiant

cité par "Le Figaro"

Des avances difficiles à repousser pour certaines étudiantes. "On ne pourrait voir que de la drague dans tout cela si ce monsieur n'avait le pouvoir de mettre un point en plus ou en moins sur une copie", contextualise une enseignante dans Le Parisien.

Dans un cursus aussi compétitif, un point peut être décisif pour la suite de ses études. Je comprends que dans ces conditions, une jeune fille de 18 ans hésite à envoyer balader le prof.

Une enseignante

dans "Le Parisien"

Légalement, rien n'interdit à un professeur de sortir avec une étudiante. Mais le rapport de hiérarchie entre les deux peut toutefois être retenu comme une cause aggravante en cas de harcèlement.

Selon Le Figaro, cette affaire ne se résume pas à ces faits présumés de harcèlement. Plusieurs témoignages assurent que le professeur aurait insisté pour avoir des rapports non protégés, alors qu'il se savait atteint d'une maladie sexuellement transmissible, poursuit le quotidien : l'hépatite B. Le journal publie une capture d'écran d'un message dans lequel il reconnaît auprès de l'une de ses relations être atteint de cette maladie.

Combien y a-t-il de témoignages ?

En poste depuis trois ans, le professeur aurait contacté des dizaines d'étudiantes. Selon Le Parisien, 69 personnes ont témoigné contre lui auprès de l'administration de l'école.

Qui est le professeur concerné ?

Agé de 27 ans, il était chargé de travaux dirigés au sein de l'université. Un étudiant décrit au Figaro un enseignant proche de ses élèves, "fin d’esprit, qui parle bien et qui a une pédagogie différente de celle de l’archétype du chargé de TD". Le genre de professeur qui propose d'aller au bar pour le dernier cours. "On est resté jusqu’à 3 heures du matin, je me suis dit que ce type était fabuleux. (...) C’est ensuite devenu un ami", témoigne encore cet étudiant.

Comment a réagi l'université ?

L'université Panthéon-Assas a indiqué au Figaro que le professeur avait été suspendu le 26 mars et que les faits présumés avaient été signalés au parquet de Paris le 10 avril. Contacté par franceinfo, le parquet a confirmé avoir reçu ce signalement, "lequel est actuellement en cours de traitement". Les étudiantes interrogées par le quotidien soulignent l'attitude compréhensive du professeur qui dirige l'équipe du chargé de travaux dirigés. "Il a tout de suite été à notre écoute et a immédiatement réagi", indique l'une d'elles au Figaro.

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