Affaire Duhamel : faut-il rendre les crimes sur mineurs imprescriptibles ?

Dans un livre, la juriste Camille Kouchner accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, d'avoir abusé de son frère jumeau quand il avait 13 ans. Une affaire qui relance le débat sur la prescription.

France 3

Le célèbre politologue Olivier Duhamel est accusé d'inceste sur son beau-fils, qui avait 13 ans à l'époque. C'est la sœur de la victime, la juriste Camille Kouchner, qui a fait ces révélations dans un livre. Les faits remontent à la fin des années 80. Cette affaire relance un débat : faut-il rendre les crimes sur mineurs imprescriptibles ?

30 de prescription pour un viol depuis 2018

Pour une psychiatre, cela ne fait pas de doute. "C'est très compliqué, à cet âge, d'avoir l'énergie, la force, la colère pour pouvoir dénoncer les choses. C'est pour cela que ça peut mettre des décennies", estime Muriel Salmona, psychiatre et auteure de "Le livre noir des violences sexuelles". En 2004, le délai de prescription était de 20 ans. En 2018, il est passé à 30 ans pour les viols. Ce délais court à partir de la majorité des victimes et non à partir des faits. Mais, pour de nombreux avocats, la principale difficulté vient du dysfonctionnement global du système judiciaire. 

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Olivier Duhamel, alors président de la Fondation nationale des sciences politiques, pose le 19 mai 2016 à l\'Institut des Sciences politiques à Paris.
Olivier Duhamel, alors président de la Fondation nationale des sciences politiques, pose le 19 mai 2016 à l'Institut des Sciences politiques à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)