Accusation de viols dans le milieu équestre : "Il va falloir qu’on libère la parole", estime la directrice technique nationale de la fédération d'équitation

Sophie Dubourg annonce que des actions vont être mises en place dans les clubs d'équitation, avec notamment une cellule d'écoute et une campagne de communication.

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Un cavalier lors d'un exercice (illustration). (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

"Il va falloir qu’on libère la parole", a déclaré sur franceinfo samedi 8 février Sophie Dubourg, directrice technique nationale de la fédération française d'équitation, après les révélations d’Amélie Quéguiner. L'ancienne cavalière professionnelle accuse de viols trois personnes, dont son moniteur, dans les années 80 alors qu’elle était adolescente.

Aujourd’hui âgée d'une cinquantaine d’années, Amélie Quéguiner a adressé une lettre ouverte à Serge Lecomte, le président de la fédération, dans laquelle elle dénonce les viols de plusieurs dizaines de filles et de garçons par des équipes encadrantes. Sophie Dubourg annonce qu'une "série d’actions" seront mises en place dans les prochains jours.

franceinfo : Amélie Quéguiner a porté plainte en 2018. À quel moment la fédération a-t-elle pris connaissance de ces faits ?

Sophie DubourgNous, personnellement, la fédération et l'ensemble de la gouvernance, mercredi soir très tard. La lettre ouverte d'Amélie Quéguiner, adressée à notre président Serge Lecomte, a été publiée sur les réseaux sociaux mercredi autour de 20h30. Nous l'avons appris mercredi soir trois minutes après sa publication.

Avez-vous pris contact avec Amélie Quéguiner ?

On est rentré très vite en contact dès le jeudi matin avec cette personne, puis s'en est suivi une réunion de crise au siège social de la fédération, avec des décisions dans la journée. Un communiqué de presse, en premier lieu, en réponse à cette lettre ouverte, mais aussi pour annoncer effectivement une campagne de prévention à suivre très rapidement.

Amélie Quéguiner évoque des dizaines de filles et garçons mineurs agressés sexuellement et violés par des enseignants diplômés ou non, des cadres techniques, des encadrants et des maîtres de stage. Avez-vous été surpris ?

La lettre est vraiment poignante. C'est une histoire de vie. Après ce qu'elle décrit, il va falloir qu'on libère la parole avec des faits, bien sûr, inappropriés qui vont être rapportés par les victimes, ou par des témoins ou par un rapporteur avec un process de formulaire de déclaration en ligne qu'on est en train de mettre en place avec le ministère des Sports. Des choses très factuelles pour tout simplement qu'elles soient vérifiées, transmises aux autorités de la police nationale, la gendarmerie ou la justice.

Quelles actions allez-vous mettre en place ?

Je dois dire que tout le monde est très actif. C'est une cellule d'écoute spécialisée avec le test d'un numéro vert qui est vraiment un organe complètement indépendant de la fédération, qui sera actif lundi aux alentours de 12 heures. Et puis une campagne d'information, un visuel aussi qu'on a créé, 'Je n'en parle pas qu'à mon cheval', qui va être envoyé aux 5 000 clubs avec des affiches, pour que les enseignants aient la possibilité bien sûr d'afficher cette campagne, mais aussi en parler et que les jeunes, qui sont les personnes les plus vulnérables, puissent s'identifier.

Existe-t-il une culture du silence dans le sport français ?

J'ai envie de dire que ce n'est pas propre au sport. Mais par contre, oui, il y a une vraie culture du silence et c'est par des campagnes d'affichage, de prévention, de sensibilisation avec des visuels, des images un peu chocs aussi pour les jeunes qu'on y arrivera. Les jeunes sont dans leurs moyens de communication d'aujourd'hui et ne sont pas faciles à toucher. Donc c'est encore une fois les inciter à parler. Ces campagnes-là vont aussi dissuader les prédateurs et les personnes qui vont vers toutes ces déviances et ces abus.

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