Foie gras : la plainte des cinq anciens gaveurs classée sans suite

Ils avaient déposé une plainte contre la société Euralis en 2012 pour tromperie sur la marchandise.

Des canards gavés, à Momy (Pyrénées-Atlantiques) pour la société Euralis, le 19 janvier 2007. 
Des canards gavés, à Momy (Pyrénées-Atlantiques) pour la société Euralis, le 19 janvier 2007.  (MAXPPP)

La plainte de cinq anciens gaveurs travaillant pour le gros producteur de foie gras du Sud-Ouest, Euralis, n'a rien donné. Révélée par France Bleu Gascogne, la procédure, lancée en avril 2012, contre l'entreprise pour "tromperie sur la marchandise", a été classée sans suite, a indiqué le parquet de Pau. "Les vérifications réalisées dans le cadre de l'enquête n'ont pas mis en évidence l'existence d'une infraction qui pourrait être caractérisée", a déclaré le vice-procureur. 

Les anciens gaveurs de canards avaient porté plainte contre le producteur basé dans le Béarn, dénonçant des pratiques "abjectes", en contradiction avec les règles sanitaires imposées pour prétendre à l'Indication géographique protégée Sud-Ouest. 

Des canards malades, soignés aux antibiotiques

Selon la radio, ils accusaient Euralis, qui emploie 5 000 salariés, "de leur avoir fréquemment fourni, via l'une de ses filiales, des canards malades à gaver et de leur avoir demandé de les soigner avec des antibiotiques et du sulfate de cuivre pendant la période de gavage".

L'un des gaveurs, Philippe Lapaque, avait rendu compte de ces pratiques sur son blog dans des posts datant de 2008. "Je ne peux pas assurer que l'ensemble des pratiques que j'expose dans ce blog ont encore cours", précisait-il. France Bleu Gascogne avançait qu'elle avaient perduré au moins jusqu'en 2010. L'ancien gaveur, qui a rapidement suspendu son contrat avec une des filiales d'Euralis, dénonçait "une tromperie sur la marchandise"

Dans un communiqué cité jeudi par France Bleu Gascogne, le groupe Euralis assure "avoir une exigence de qualité totale pour ses produits", expliquant que "si un canard reçoit un traitement antibiotique, il perd son appellation"