Femme voilée prise à partie par un élu RN : 90 personnalités demandent à Emmanuel Macron de "condamner publiquement l'agression"

Des personnalités du monde du cinéma, mais aussi des sociologues et des journalistes, dénoncent la "haine" et la "violence" de la scène qui a été filmée et abondamment commentée sur les réseaux sociaux.

A Dijon (Côte-d\'Or), Julien Odoul, un élu du RN, s\'en est pris à une femme voilée, le 11 octobre 2019, au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.
A Dijon (Côte-d'Or), Julien Odoul, un élu du RN, s'en est pris à une femme voilée, le 11 octobre 2019, au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. (France 3)

"Jusqu'où laisserons-nous passer la haine des musulmans ?" interrogent les signataires de la tribune. Un collectif de 90 personnalités, parmi lesquelles Omar Sy, Mathieu Kassovitz, Marina Foïs, Céline Sciamma ou encore Kev Adams, demande à Emmanuel Macron de condamner "l'agression" dont a été victime une mère de famille portant le voile, prise à partie par un élu RN alors qu'elle accompagnait une sortie scolaire au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. "Nous (...) demandons urgemment au gouvernement français et au président de la République, Emmanuel Macron, de condamner publiquement l'agression dont cette femme a été victime devant son propre fils", écrit le collectif, dans un texte publié par Le Monde mardi 15 octobre.

Le collectif, où figurent également la comédienne Marina Foïs et plusieurs chercheurs et sociologues, appelle aussi à "dire, avec force, que les femmes musulmanes, portant le foulard ou non, et les musulmans en général, ont toute leur place dans notre société" et à "refuser que nos concitoyens musulmans soient fichés, stigmatisés, dénoncés pour la simple pratique de leur religion". Dans leur tribune, les 90 personnalités dénoncent la "haine" et la "violence" de la scène qui a été filmée et abondamment commentée sur les réseaux sociaux.

Jusqu'à quand allons nous accepter que la laïcité, socle de notre République, soit instrumentalisée pour le compte d'une vision ségrégationniste, raciste, xénophobe, mortifère de notre société ?les signataires d'une tribunedans "Le Monde"

Les signataires déplorent également la réaction du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer qui "a certes condamné", mais "a tout de même affirmé 'le voile n'est pas souhaitable dans notre société'". "N'est-ce pas ici l'illustration même d'une stigmatisation assumée jusqu'au plus haut niveau ?" s'interroge le collectif. Ce dernier condamne également les propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner qui a listé, après l'attaque à la préfecture de police de Paris, "'la pratique régulière et ostentatoire de la prière' et 'la pratique exacerbée de la religion en période de ramadan' comme autant de 'signes de radicalisation' à signaler, alors qu'il ne s'agit ni plus ni moins que de conduites religieuses tout à fait banales chez les musulmans pratiquants" .