Féminicide en Gironde : Osez le féminisme dénonce "les dysfonctionnements de la justice"

Une femme âgée de 31 ans, mère de trois enfants, est morte à Mérignac, après avoir été blessée par arme à feu et brûlée vive par son mari dont elle était séparée.

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Radio France
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Une femme est morte à Mérignac après avoir été blessée par arme à feu puis brûlée vive par son mari dont elle était séparée. (DAVID THIERRY / MAXPPP)

Céline Piques, porte-parole du mouvement Osez le féminisme, a dénoncé "les dysfonctionnements de la justice", mercredi 5 mai sur franceinfo, après la mort d’une femme de 31 ans à Mérignac (Gironde). Son mari, dont elle était séparée, est accusé de lui avoir tiré dessus à deux reprises avant de l'asperger d'essence et d'y mettre le feu. Dans un communiqué, le procureur de la République de Bordeaux précise que l'homme était déjà défavorablement connu de la justice, pour des faits de violences conjugales. Le tribunal correctionnel de Bordeaux l’a condamné en juin 2020 à 18 mois de prison, dont 9 avec sursis.

"L'État a une responsabilité"

Céline Piques estime que la récidive dans les affaires de violences conjugales est importante "parce que le sentiment d'impunité est extrêmement fort." Pour La porte-parole du mouvement Osez le féminislme, "l'État a une responsabilité dans les dysfonctionnements de la justice parce que les solutions, on les connaît. Il y a eu une suite de dysfonctionnements dans cette histoire. Il avait une arme et là alors qu'on nous avait promis lors du grenelle contre les violences conjugales que les armes seraient retirées au conjoint violent, pour protéger les femmes victimes. Et tout ceci est largement défaillant dans la chaîne judiciaire actuelle."

La porte-parole du mouvement Osez le féminisme appelle à "mettre des mots et à considérer réellement la motivation de ce crime, qui est un crime sexiste.  Céline Piques estime que "ce n'est pas un traitement psychologique dont on a besoin mais vraiment d'une lutte globale contre le sexisme en général. Et puis surtout, je pense que la priorité n'est pas nécessairement envers les conjoints, mais envers les femmes".

"Ce n'est pas de la folie qui anime ces hommes. C'est vraiment une haine sexiste. C'est l'incapacité de comprendre que leur conjointe, la mère de leurs enfants, puisse vivre une vie sans eux, et ça, ça leur est insupportable, ils préfèrent la tuer plutôt que la voir s'échapper."

Céline Piques, porte-parole du mouvement Osez le féminisme

à franceinfo

Céline Piques appelle à tirer des leçons des pays voisins pour mieux protéger les femmes : "Il suffit de regarder ce que fait l'Espagne qui a un système qui recense plus de 50 000 femmes, qui sont réellement à risque. Cela donne la possibilité à la police, à la justice, aux travailleurs sociaux de connaître l'état de risque potentiel auquel doivent faire face ces femmes et de pouvoir réagir rapidement."

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