Doubs : la mort d'une quinquagénaire retrouvée dans sa voiture est "très probablement" un féminicide, selon le procureur

Le corps d'une femme avait été retrouvé vendredi soir par les gendarmes dans une voiture. Son compagnon, qui s'en est pris aux forces de l'ordre, a été abattu.

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France Télévisions
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Les faits se sont produits à Guillon-les-Bains (Doubs), le 23 juillet 2021. (MAXPPP)

La femme retrouvée morte dans le coffre de sa voiture vendredi soir à Guillon-les-Bains (Doubs) a "très probablement" été tuée par son compagnon, mortellement blessé ensuite par le tir d'un gendarme après s'être montré ultra-violent. C'est ce qu'a annoncé dimanche 25 juillet le procureur de la République de Besançon. La victime, âgée de 54 ans et mère de deux filles majeures, présentait des "coups multiples" au niveau de la tête qui était "violacée", a indiqué à l'AFP Etienne Manteaux.

Son compagnon, 39 ans, blessé au thorax par le tir d'un gendarme, a confié à un pompier avant de s'écrouler qu'il avait "tabassé" sa conjointe car elle l'avait "trompé", a poursuivi le procureur. "Nous sommes très probablement en face d'un féminicide", a-t-il ajouté.L'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a par ailleurs été saisie. La garde à vue du gendarme auteur du tir a été levée, selon le procureur Manteaux, qui évoque de premiers "éléments concordants" permettant d'envisager un tir "de légitime défense", le forcené ayant déployé une grande violence face aux forces de l'ordre.

Chassé à coups de pelles d'une fête de village

Les faits remontent à vendredi soir, dans le village de Guillon-les-Bains, près de Besançon. Le corps de la quinquagénaire avait été retrouvé par des gendarmes dans le coffre de sa voiture, visiblement endommagée et stationnée au bord d'une route sur les hauteurs du village. Les militaires avaient été appelés pour maîtriser son conjoint qui, extrêmement excité, semait notamment la panique dans une fête du village, en contrebas.

Alertés par une personne frappée au visage avec une pierre, les pompiers ont aussi fait les frais de sa "rage" : il a frappé l'un d'eux et poursuivi en courant les soldats du feu qui rebroussaient chemin dans leur camion, selon le procureur. Lors de la fête, les villageois munis "de pelles" et de "balais" ont réussi à le mettre en fuite, a précise le procureur.

Sur les hauteurs du village, il a voulu s'emparer d'un camion de pompiers, avant de partir dans la forêt et d'en revenir armé de pierres. C'est là, après les sommations d'usage, qu'un gendarme lui a tiré dessus "à une reprise", sans savoir s'il l'avait touché en raison de l'obscurité. Le forcené a encore tenté de prendre un véhicule de gendarmerie, avant qu'une élève-gendarme n'utilise son taser pour l'arrêter. Enfin maîtrisé, il a confié à un pompier le meurtre de sa conjointe. Hospitalisé, il est décédé quelques heures plus tard à l'hôpital.

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