Vincent Lambert : "Ceux qui veulent ramener le débat sur l'euthanasie se trompent", estime son ancien médecin

Le médecin de Vincent Lambert, en état végétatif depuis dix ans, dénonce "l'obstination déraisonnable" dont fait l'objet selon lui son ancien patient, alors que l'arrêt de ses soins a débuté dans la matinée.

Le Dr Eric Kariger, le 16 janvier 2014, à Reims.
Le Dr Eric Kariger, le 16 janvier 2014, à Reims. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

"Ceux qui veulent ramener aujourd'hui le débat sur l'euthanasie se trompent", estime, lundi 20 mai sur franceinfo, l'ancien médecin de Vincent Lambert. Le docteur Éric Kariger, ancien chef de service au CHU de Reims, l'affirme : son ancien patient subit "une obstination déraisonnable", alors que les traitements doivent être arrêtés à partir de lundi sur son ancien patient.

Si Vincent Lambert avait été en Belgique, en Suisse ou aux Pays-Bas, il y aurait quand même eu l'affaire Lambert.Dr Eric Karigerà franceinfo

"Ce n'est pas une question d'euthanasie ou pas, affirme le Dr. Éric Kariger. C'est la question que la médecine se retire tout en continuant à accompagner jusqu'au bout son malade, dans une dignité et dans un confort de fin de vie qui doit être celui de l'intime, et de la présence des proches en soutien à leur mari, à leur fils, à leur frère." 

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Le médecin dénonce "l'obstination déraisonnable" dont fait l'objet selon lui son ancien patient. "Il faut rester sur les faits, l'obstination déraisonnable a été qualifiée par les meilleurs experts médicaux", affirme-t-il. Elle a été reconnue sur le plan de la légalité française et européenne, donc aujourd'hui il n'y a plus d'arguments qui puissent être entendus par la partie qui s'oppose à laisser partir M. Lambert."

"Jusque dans ce moment intime, une partie de la famille médiatise l'affaire. [Vincent Lambert] subit un sort déraisonnable, regrette le médecin. Malheureusement, dans ce contexte émotionnel ce sont les opinions qui prennent le dessus. Certaines sont saines, d'autres sont plus obscures." "Que l'on soit médecin chrétien, athée ou agnostique, nous sommes d'abord médecins respectueux de cet interdit de l'acharnement de notre belle médecine", conclut-il.