Le Parlement portugais vote pour la légalisation de l'euthanasie

Si ce processus législatif aboutit, le Portugal deviendra le quatrième pays européen à légaliser l'euthanasie.

Des opposants à l\'euthanasie portent une pancarte \"Euthanasie ? Ne tuez pas, soignez !\", jeudi 20 février 2020 devant l\'Assemblée nationale à Lisbonne (Portugal).
Des opposants à l'euthanasie portent une pancarte "Euthanasie ? Ne tuez pas, soignez !", jeudi 20 février 2020 devant l'Assemblée nationale à Lisbonne (Portugal). (PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)

Peu avant le scrutin, des centaines d'opposants au projet ont manifesté devant l'Assemblée aux cris de "Oui à la vie, non à la mort". Le Parlement portugais a adopté, jeudi 20 février, plusieurs textes ouvrant la voie à la dépénalisation de l'euthanasie. Cinq propositions de loi, dont une déposée par le Parti socialiste au pouvoir, ont été approuvées en première lecture par des députés de gauche et du centre de l'échiquier politique.

Le texte soumis par le PS, qui détermine "les conditions spéciales pour la pratique de l'euthanasie non punissable", a été approuvé par 127 voix (86 voix contre et dix abstentions). Des propositions similaires du Bloc de gauche (extrême gauche), du parti animalier PAN, des Verts et d'un député libéral ont également été adoptées, avec des résultats à peine plus serrés.

Un veto du président ?

Les propositions adoptées jeudi doivent maintenant être fusionnées en un seul texte pour un vote final du Parlement, en principe avant l'été. Cette loi sera ensuite soumise à la promulgation du président de la République, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa. 

Le chef de l'Etat n'a pas ouvertement pris position sur ce thème mais, en tant que fervent catholique, il pourrait opposer un veto, qui serait pourtant annulé par un deuxième vote des députés, ou envoyer le texte à la Cour constitutionnelle pour qu'elle juge de sa conformité avec la loi fondamentale du pays.

Si ce processus législatif aboutit, le Portugal deviendra le quatrième pays européen à légaliser l'euthanasie après les Pays-Bas et la Belgique en 2002, puis le Luxembourg en 2009.