Service public de la petite enfance retoqué : "J'en appelle aux députés" pour "reprendre leur copie", réagit la présidente d'une association de familles

"C'est une très, très grande déception surtout pour toutes les familles de jeunes enfants", a réagi Marie-Andrée Blanc mercredi sur franceinfo, après le rejet par les députés de la mise en place d'un service public de la petite enfance.
Article rédigé par France Info
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Marie-Andrée Blanc, présidente de l'Union nationale des associations familiales (UNAF). (PHILIPPE RENAULT / MAXPPP)

"C'est une très, très grande déception surtout pour toutes les familles de jeunes enfants", a déclaré mercredi 4 octobre sur franceinfo la présidente de l'Union nationale des associations familiales (Unaf) Marie-Andrée Blanc, alors que la mise en place d'un service public de la petite enfance a été rejetée mardi 3 octobre par les oppositions à l'Assemblée nationale.

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Un article, intégré au projet de loi "plein emploi", visait notament à retravailler la gouvernance des structures d'accueil. Les amendements de suppression ont été adoptés à 130 voix pour et 127 contre. "Je demande aux députés de reprendre leur copie", a plaidé Marie-Aimée Blanc.

Comment réagissez vous à ce vote des députés ?
C'est une très, très grande déception surtout pour toutes les familles de jeunes enfants. Ce service public de la petite enfance, nous l'attendions. À l'Unaf, nous étions très favorables à sa mise en place parce que les parents souhaitent avoir des enfants et rester dans l'emploi. C'était donc par le biais de ce service public que quelque part, on pouvait entendre parler 'politique familiale' dans notre pays. Je demande aux députés de reprendre leur copie et de penser aux familles qui sont très, très déçues.

En quoi cet article 10 était-il essentiel ?
Parce qu'il mettait en place le fondement d'un service public de la petite enfance. Le bien-être de l'enfant est en jeu. Et dans notre pays, le désir d'enfant est d'environ 2,39 enfants par femme. Sauf qu'actuellement, le chiffre n'est pas du tout le même puisqu'on en arrive en 2023 à environ 1,70/1,80 enfant par femme.

"Il faut qu'on offre aux jeunes familles les moyens d'avoir le nombre d'enfants qu'elles souhaitent, et de trouver l'offre d'accueil qui leur convient."

Marie-Andrée Blanc, présidente de l'Union nationale des associations familiales

sur franceinfo

Les députés qui ont voté pour la suppression de cet article estiment qu'il n'était pas à la hauteur. Vous comprenez ?
Le contenu de cet article était une très bonne base. À nous aussi de dire aux jeunes parents 'il est possible de concilier votre vie familiale et votre vie professionnelle'. C'est vraiment un maillon très fort de la politique familiale. J'entends la pénurie de personnel, etc., mais ce n'est pas en supprimant l'article 10 qu'on va trouver une solution.

L'article 10 prévoyait de confier davantage l'organisation de la petite enfance aux collectivités locales. C'est important ?
Oui, pour la bonne raison que lorsque vous êtes une famille qui va accueillir une naissance ou que vous arrivez dans une commune, c'est vers le maire que vous vous tournez. Donc effectivement, les communes, avec cette nouvelle mission qui leur est donnée, ont une vision exhaustive de l'offre d'accueil du jeune enfant sur leur territoire, et peuvent ainsi apporter une réponse beaucoup plus efficiente aux familles.

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