Rapport de l'Igas sur la petite enfance : "On est soulagés qu'enfin une inspection générale dise tout haut ce qu'on revendique et ce qu'on dénonce depuis des années", réagit un syndicat

"On a un gouvernement qui privilégie le chiffre à la qualité d'accueil", regrette mardi sur franceinfo Cyrille Godfroy, co-sécrétaire général du Syndicat national des professionnels de la petite enfance, en réaction à un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales sur la maltraitance dans certaines crèches.
Article rédigé par France Info
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Un enfant dans une crèche de Charente-Maritime, en mars 2022 (illustration). (XAVIER LEOTY / MAXPPP)

"On est soulagés qu'enfin une inspection générale dise tout haut ce qu'on revendique et ce qu'on dénonce depuis des années", déclare mardi 11 avril sur franceinfo Cyrille Godfroy, co-sécrétaire général du Syndicat national des professionnels de la petite enfance (SNPPE). Une déclaration en réaction au rapport de l'Igas (l'Inspection générale des affaires sociales) sur la petite enfance, publié mardi. Ce rapport dénonce notamment des maltraitances sur les enfants dans certaines crèches, la différence de qualité d'accueil entre les établissements et le manque de professionnels du secteur en France (10 000). Pour Cyrille Godfroy, ceci est la conséquence de politiques menées depuis de nombreuses années : "On a un gouvernement qui privilégie le chiffre à la qualité d'accueil".

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franceinfo : C'était un rapport que vous attendiez ?

Cyrille Godfroy : On est soulagés qu'enfin une inspection générale dise tout haut ce qu'on revendique et ce qu'on dénonce depuis des années. On subit depuis environ 20 ans une dérèglementation constante des conditions d'accueil du jeune enfant - en termes de taux d'encadrement - par les différentes modifications législatives qu'il y a pu y avoir. On a un gouvernement qui privilégie le chiffre à la qualité d'accueil. Ce que met aussi en avant le rapport de l'Igas, c'est que le financement a un effet très important dans le fonctionnement des crèches : on est sur un financement à l'acte ou sur un financement où chaque heure d'accueil payée par la Caf [caisse d'allocations familiales] va financer l'établissement d'accueil. On est dans cette politique, de la part des gestionnaires, pour pouvoir avoir le reste à charge le plus faible possible. Il faut donc toujours remplir les crèches.

Vous confirmez qu'une crèche n'est pas une garderie ?

On parle bien de mode d'accueil et pas de mode de garde. Ça a son importance parce que derrière l'accueil, il y a la réflexion qui doit être apportée pour pouvoir accueillir correctement l'enfant dans son développement et ses besoins. Il ne suffit pas d'être parents et d'avoir un ou deux enfants à la maison pour savoir s'occuper des enfants des autres. Il faut une réelle qualification et bien connaître quels sont les besoins du jeune enfant, qui reste un être très dépendant.

Quelles sont les priorités selon vous ?

Elles sont à trois niveaux. D'abord, avoir un plan de formation ambitieux pour pouvoir faire face à la pénurie de postes qui est constatée depuis plus d'un an. Il s'agit aussi de revaloriser les salaires pour faire en sorte que des personnes se projettent sur ces métiers de la petite enfance. Et puis, il y a la question des conditions de travail : les crèches sont des lieux qui sont beaucoup pensés pour l'accueil du jeune enfant, il va donc falloir aussi sérieusement travailler sur l'aménagement des locaux pour que les professionnels ne se retrouvent dans la situation d'être en incapacité d'aller au bout de leur carrière tellement les conditions sont dures.

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