Attribution de logements : la présidente du Cnous évoque "un petit retard" et invite les étudiants boursiers sans solution à "repostuler" au second tour

De nombreux étudiants ont partagé sur les réseaux sociaux leur inquiétude et leur incompréhension face au rejet de leur demande.

Un étudiant découvre le logement qui lui a été attribué à Rennes (photo d\'illustration).
Un étudiant découvre le logement qui lui a été attribué à Rennes (photo d'illustration). (MARC OLLIVIER / MAXPPP)

"Il y a eu un petit retard d’une demi-journée (…) ça a pu susciter de l’inquiétude chez les étudiants", a reconnu Dominique Marchand, présidente du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous), qui rassemble les 26 Crous de France, jeudi 2 juillet sur franceinfo. L’attribution des logements pour la rentrée 2020/2021 (environ 175 000 au total), prévue mardi, a été retardée à la suite d’un "problème technique".

Sur les réseaux sociaux, de nombreux étudiants boursiers ont fait part de leur incompréhension face aux lenteurs et certains d’entre eux, normalement prioritaires (échelons 6 ou 7) affirment que toutes leurs demandes ont été rejetées. Dominique Marchand se veut rassurante : "Le premier tour n'est absolument par la fin de tout. Un deuxième tour va être ouvert le 9 juillet. Et sur ce deuxième tour, bien entendu, nous serons extrêmement vigilants sur la situation des boursiers des échelons les plus élevés."

franceinfo : Que s’est-il passé cette année ? Y a-t-il moins de logements qui se libèrent en ce début d’été ?

Dominique Marchand : Il y a eu plusieurs facteurs. D’une part, il y a eu un petit retard d'une demi-journée sur l'ouverture [des attributions], cela a généré une attente et un afflux supplémentaire sur la plateforme. Ce n'était pas très important, mais pour autant, ça a pu susciter de l'inquiétude chez les étudiants. D'autre part, il est vrai que nous avons constaté une demande de réadmission des étudiants qui étaient logés cette année plus importante que l'année dernière. Nous pouvons penser que ce n'est pas sans lien avec la crise sanitaire et que les étudiants ont eu besoin d'être rassurés et donc ont demandé à être maintenus dans leur logement l'année prochaine. Ce qui, par voie de conséquence restreint, de fait, le parc. Mais le premier tour n'est absolument par la fin de tout. Un deuxième tour va être ouvert le 9 juillet. Et sur ce deuxième tour, qui est la phase complémentaire, bien entendu, nous serons extrêmement vigilants sur la situation des boursiers des échelons les plus élevés.

Quelle est la différence entre les attributions au premier et au deuxième tour ?

Le premier tour, c'est vraiment le tour social, c'est-à-dire qu'un étudiant dont le dossier est instruit et complet est absolument prioritaire. L’algorithme est absolument celui-là. Maintenant, il peut arriver que dans un premier tour, si un étudiant boursier d’admission 6 ou 7 fait deux ou trois vœux dans la résidence la plus attractive d'Aix-en-Provence, il se peut qu’au premier tour il ne puisse pas l'obtenir. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne l'aura pas au deuxième tour. Et c'est pour ça que j'invite les étudiants à repostuler dans le cadre de ce deuxième tour et, d'autre part, à élargir leurs vœux.

Certains étudiants boursiers risquent-ils malgré tout de se retrouver sans solution à la rentrée ?

Je ne peux pas vous le dire aujourd’hui, le deuxième tour n’ayant pas encore eu lieu. Bien entendu, la situation du parc en termes d'attractivité et de demandes des étudiants est très différente selon la nature de la métropole. Vous pensez bien que, quand vous avez 330 000 étudiants à Paris, par exemple, il est certain que les demandes de logements sont beaucoup plus importantes. Cela étant dit, au vu des expériences antérieures, il est extrêmement rare, je n'en vois même pas d'exemples, qu'à la fin, des boursiers échelons 6 et 7 ne trouvent pas de solution.