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Election sous pression à la mosquée de Lunel

Les 800 adhérents de la mosquée de Lunel sont appelés à élire un nouveau président ce dimanche après la démission du président sortant et de l'imam, en poste depuis six ans, visé par des menaces de mort.
Article rédigé par
Radio France
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 (La mosquée de Lunel © Radio France / Hugo Amelin)

Ça se passe à Lunel, une petite ville de l’Hérault, qui compte 26.000 habitants. Rachid Belhaj, le président de la mosquée El Barakapar, élu il y a moins de deux ans, a annoncé le 18 octobre sa démission. C'est aussi le cas de l'imam Elhaj Benasseur, salarié depuis 2010 de ce lieu de culte et qui a récemment été visé par des menaces de mort proférées par un petit groupe de fidèles radicaux. 

​Sur les huit personnes visées par la première plainte, deux ont été condamnés à 16 et 18 mois de prison avec sursis le mois dernier par le tribunal correctionnel. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est l’aversion de cet imam de la mosquée face au djihad. Il aurait affirmé au cours d’un prêche qu’aller faire la guerre en Syrie ou en Irak n’avait rien d’un précepte islamique.

Qui sont ces jeunes radicaux ? Comment ont-ils agi pour faire démissionner le président et l’imam de la mosquée et pourquoi ? La réponse de David Mendel, l’avocat de l’imam.
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Loi du silence et tensions palpables

Cet après-midi, les 800 adhérents de la mosquée sont donc appelés à élire un nouveau président, dans un climat d’omerta. Les journalistes ne sont d'ailleurs pas les bienvenus. Après avoir accepté de nous parler, mais hors micro, le président de la mosquée nous met en garde : "Ne restez pas sur le parking sinon les jeunes vont vous casser votre matériel ". 

L'emballement médiatique autour de cette commune qui a vu partir une vingtaine de ses jeunes pour la Syrie, dont six ont perdu la vie sur place, selon les autorités françaises, a échaudé les musulmans de Lunel. Certains viennent même s'interposer lorsqu'un fidèle s'arrête pour faire une interview. Et face aux questions embarrassantes,la plupart disent ne pas être au courant de cette histoire de menaces de mort. 

Pourtant, les tensions sont palpables. L'imam ne veut plus revenir car les deux hommes qui l'ont menacé fréquentent toujours la mosquée malgré leurs condamnations et le président ne leur parle plus car il craint des violences physiques de la part de ce groupe d'individus qui ne représentent pourtant que 2% des adhérents de la mosquée. 

Une élection sous la pression car ces jeunes radicaux espèrent bien peser sur le scrutin. Le reportage de Gabriel Massenot,
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