Uniforme scolaire à Provins : "Une manière pragmatique de faire vivre les valeurs républicaines" à l'école, selon le maire

Olivier Lavenka, maire Les Républicains de Provins (Seine-et-Marne), a expliqué sur franceinfo entendre les critiques de parents d'élèves à propos de l'arrivée des uniformes dans les écoles de sa commune lundi.

 Le maire LR de Provins (Seine-et-Marne), Olivier Lavenka (au centre), signe le PV de la consultation pour le port de l\'uniforme.
 Le maire LR de Provins (Seine-et-Marne), Olivier Lavenka (au centre), signe le PV de la consultation pour le port de l'uniforme. (MAXPPP)

Les écoliers de la ville de Provins, en Seine-et-Marne, font leur rentrée scolaire avec des uniformes lundi 5 novembre, après un vote positif des parents d'élèves en juin dernier (62,4 %), mais la mesure n'est pas obligatoire. Pour le maire Les Républicains (LR) Olivier Lavenka, samedi 3 novembre sur franceinfo, c'est "une manière pragmatique" de "faire vivre les valeurs républicaines" dans la vie des écoliers.

franceinfo : Pouvez-vous décrire l'uniforme des élèves de Provins ?

Olivier Lavenka : C'est une tenue scolaire qui est composée de 10 pièces qui ont été commandées par les familles. Il y a quatre polos, pull, sweat-shirt, veste, pantalon, bermuda pour les petits garçons évidemment et pour les petites filles pantalon et jupe. C'est à dominante bleue, bleu marine et bleu ciel, avec un très bel écusson qui reprend non seulement les armoiries de la ville de Provins, les familles y tenaient, mais également la devise de la République parce que c'est l'une des raisons pour lesquelles on s'est lancés collectivement dans cette aventure qui est une première en métropole. Le trousseau coûte 137 euros. Dès le deuxième enfant, la ville de Provins prend en charge 50% du coût du trousseau. Pour toutes les familles qui en ont besoin, le Centre communal d'action sociale (CCAS) est intervenu au cas par cas pour les aider à faire face à cette dépense. On a par ailleurs proposé un paiement fractionné jusqu'à 10 fois.

Pourquoi ce retour à l'uniforme ?

Il y a plusieurs éléments. Le premier, c'est que nous avons entendu le ministre de l'Éducation nationale se prononcer favorablement pour le retour de la tenue scolaire unique, en fin d'année dernière. Cela a fait écho à une conviction personnelle que nous avons essayé de faire partager aux familles et aux enseignants. Et puis, sur le fond, on parle beaucoup de la République ces temps-ci et notamment beaucoup des grandes valeurs républicaines, du rôle de l'école publique, du rôle qu'elle doit avoir pour rester ce qu'elle est depuis toujours, ou au moins depuis la fin du XIXe siècle, à savoir le premier creuset républicain.

Je pense que c'est une manière pragmatique, pratique, concrète, dans la vie quotidienne des écoliers qui passent beaucoup de temps à l'école de faire vivre les valeurs républicaines et de montrer que ce qui rapproche ces élèves, c'est qu'ils sont tous à égalité membres de la communauté éducative et aussi en puissance de la communauté nationale, puisqu'ils ont tous vocation à devenir des citoyens.

La mesure n'est pas obligatoire car les règlements intérieurs des établissements scolaires n'ont pas été changés. N'est-ce pas une décision simplement démagogique, voire réactionnaire ?

J'entends bien les critiques de certains parents, mais si c'était réellement réactionnaire, cela voudrait dire que, dans tous les pays dans lesquels la tenue scolaire est de rigueur, en Europe, en Afrique anglophone ou francophone, en Asie et même dans certains départements français d'outre-mer, il y aurait des gens absolument ringards, pas modernes. Je pense que c'est un débat qui n'a pas beaucoup de sens. Nous, on se place vraiment sur le terrain des grandes valeurs républicaines, de la capacité à faire vivre au sein des écoles ces valeurs républicaines. Je pense que c'est une manière de les faire vivre au-delà des grands discours. Parfois, passer aux travaux pratiques, ça peut aussi avoir du sens.

Partout où ça a été mis en place, on nous dit aussi que ça crée en règle générale un climat assez propice à l'apprentissage. On se lance dans cette aventure, c'est une première. Dans la durée, on pourra faire un bilan et puis dans quelques années je pense que les enseignants de nos écoles élémentaires pourront dire si effectivement, ça replace les professeurs au cœur du jeu et si on peut travailler sur des valeurs importantes qui sont celles du respect envers les professeurs, du respect mutuel entre les élèves. Ce sont des choses qu'on verra dans la durée et cette expérimentation servira sans doute aussi à se faire une idée précise des apports, des bénéfices de la tenue scolaire unique.