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Réforme du collège : le décret publié au Journal officiel, l'opposition parle de "mépris"

La droite et les syndicats dénoncent "un passage en force" de la part du gouvernement.

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Des manifestants contre la réforme du collège, à Paris, le 19 mai 2015. (CITIZENSIDE / YANN KORBI / AFP)

Le Premier ministre Manuel Valls avait annoncé, mardi, que le décret serait "publié le plus rapidement possible". C'est chose faite. Le décret ainsi que l'arrêté portant sur la réforme contestée du collège sont parus mercredi 20 mai au Journal officiel.

Le détail des enseignements pratiques

Malgré une journée de grève et de manifestations, mardi 19 mai, le Premier ministre a déclaré que la réforme du collège serait "mise en œuvre". Le décret et l'arrêté relatifs "à l'organisation des enseignements au collège" prévoient, comme prévu, une entrée en vigueur de la réforme "à compter de la rentrée scolaire 2016". La réforme prévoit, entre autres, de laisser chaque collège fixer 20% de son emploi du temps, avec de l'accompagnement personnalisé pour tous, de l'interdisciplinarité et une deuxième langue vivante (LV2) avancée en cinquième. En contrepartie, les classes bilangues et les sections européennes sont supprimées.

L'arrêté paru au JO détaille aussi les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), prévus à partir de la 5e pour favoriser notamment le travail en groupe. Les huit thèmes d'EPI vont de la santé à la culture en passant par la transition écologique ou les langues de l'Antiquité. Les élèves en suivront deux par an et au moins six des huit thématiques seront abordées entre la cinquième et la troisième.

De vives réactions syndicales et politiques

Les opposants à la réforme réagissent vivement à la publication du décret au JO. Principal syndicat du secondaire, le Snes a aussitôt dénoncé sur Twitter une "provocation, une faute". Un syndicat minoritaire, le Snalc, fustige un "scandaleux passage en force" et appelle même au boycott des épreuves du brevet, fin juin.

Du côté des personnalités politiques, la numéro 2 de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet dénonce le "profond mépris" du gouvernement : "D'une main, Najat Vallaud-Belkacem annonce qu'elle est ouverte à la discussion, le lendemain elle publie au Journal officiel. Pour ceux qui avaient encore un doute, la parole de ce gouvernement ne vaut rien."

Même son de cloche chez Bruno Le Maire, qui a pris la tête d'une fronde de 300 parlementaires de droite contre cette réforme. Il dénonce, lui aussi, un "passage en force".

"Le passage en force du gouvernement témoigne de son mépris total pour la France et les Français", affirme de son côté Marine Le Pen, tandis que François Bayrou appelle à une "manifestation nationale". Une hypothèse rejetée par François Fillon, qui fustige toutefois "l'improvisation" et le "désordre" dans la mise en œuvre de la réforme.

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