INFO FRANCEINFO. Education : 73% des personnels du second degré estiment que leur travail a dégradé leur santé au cours des derniers mois, selon une enquête

Une enquête menée par le syndicat Snes-FSU indique que seules 18% des personnes interrogées sont satisfaites du travail accompli à la fin de leur journée.

Des profs manifestent contre la loi Blanquer, à Paris, le 13 juin 2019.
Des profs manifestent contre la loi Blanquer, à Paris, le 13 juin 2019. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS)

Franceinfo révèle en exclusivité l'enquête sur les conditions de travail du personnel éducatif du second degré, menée par le syndicat Snes-FSU. Près de 8 700 enseignants, conseillers principaux d'éducation, assistants d'éducation ou encore accompagnants d'élèves en situation de handicap ont été interrogés. 73% des personnels d'éducation estiment que leur travail a dégradé leur santé ces derniers mois.

Cette enquête du Snes-FSU sort alors que le ministère de l'Education nationale réunit mercredi 6 novembre un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail  (CHSCT) exceptionnel. Une réunion organisée à la demande des syndicats, et consacrée à la souffrance au travail à l'école primaire, au collège et au lycée, un mois et demi après le suicide de Christine Renon, une directrice d'école de Pantin.

93% des personnels interrogés estiment que leur charge de travail s'intensifie. Et pour 14%, cela a conduit à un arrêt de travail. C'est le cas de Claire, une professeure de langues en banlieue parisienne, qui a craqué en novembre 2018. "Je ne me suis pas levée pendant deux ou trois jours. Faire le moindre mouvement était épuisant, je passais mes journées à dormir", raconte-t-elle.

Un sentiment de perte de sens

Claire attribue ce burn-out à son travail dans un quartier défavorisé. "Cela a été la conséquence de la multitude des tâches qu'on nous demande ou que l'on fait implicitement parce que l'on ne se contente pas de faire cours et de rentrer chez nous, indique-t-elle. On s'occupe de nos élèves, on essaie de pallier certains manques de la société aussi. L'écart entre l'idéal du travail bien fait et ce que l'on arrive à produire au quotidien, même si on fait de notre mieux, est particulièrement difficile à vivre."

Seules 18% des personnes interrogées dans l'enquête du Snes-FSU sont satisfaites, à la fin de leur journée, du travail accompli. Un peu moins de la moitié (47%) ne sont pas contentes de la qualité du travail fourni. Enfin, plus des trois quarts ont le sentiment d'une perte de sens de leur métier. Côté paie, une grande majorité des personnels (94%) s'estiment mal payés, et pensent que leurs salaires n’augmentent pas proportionnellement aux tâches fournies et aux compétences demandées.