Niveau scolaire dans le primaire : "On va un peu loin quand on dit que le niveau global des élèves remonte", nuance le syndicat d'enseignants SE UNSA

Gilles Langlois, secrétaire national du syndicat SE UNSA appelle à rester prudent, au moment où le ministère de l'Éducation se réjouit de l'amélioration du niveau scolaire des élèves du primaire.

Des cartables accrochés à des portes-manteaux dans une école de Vanves, le 7 octobre 2019.
Des cartables accrochés à des portes-manteaux dans une école de Vanves, le 7 octobre 2019. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Le niveau scolaire des élèves du primaire est en train de remonter en France, affirme le ministère de l'Éducation d'après les dernières évaluations nationales menées en CP et CE1. Mais le syndicat d’enseignants SE UNSA appelle à rester prudent. "On va un peu loin quand on dit que le niveau global des élèves remonte", tempère sur franceinfo Gilles Langlois, son secrétaire national.

Une "fanfaronnade" du ministère de l'Éducation

"Je suis beaucoup moins enthousiaste. On a des résultats plutôt positifs, dans une certaine mesure, mais c'est une fanfaronnade. Les résultats annoncés au niveau du CP montre une très légère progression, mais avec des points qui peuvent nous alerter : les élèves, cette année reconnaissent moins bien les lettres à l'entrée au CP que l'an passé", note le syndicat.

Sur treize critères jugés, dix sont en hausse, certains assez nettement, surtout au CE1. "La procédure de dédoublement des élèves au CP et au CE1 en REP (le réseau d'éducation prioritaire) et en REP+ porte ses fruits, reconnaît cet ancien directeur d'école parisienne. Mais dire que le niveau global des élèves remonte, on va un peu loin."

Le syndicat appelle à "prendre du recul" 

Pour mesurer ces chiffres, il faut prendre du recul et regarder l'ensemble des classes qui composent le primaire, conseille Gilles Langlois. "Il ne faut pas oublier qu'il y a d'autres élèves en école élémentaire, comme les CE2. On oublie trop souvent qu'il n'y a pas de transition pensée pour des élèves fortement accompagnés. On passe d'un enseignant pour douze élèves à des classes de vingt-quatre. Et rien n'est prévu pour les élèves de CM1 et CM2, alors qu'eux aussi rencontrent des difficultés."

Le dédoublement ne concerne que le CP et le CE1 en REP et REP+. Le ministère de l'Éducation veut l'étendre à la grande section de maternelle. Une mesure positive, mais qui peut se faire au détriment des autres élèves, d'après le syndicat d’enseignants SE UNSA.

"Les 404 postes promis dans le premier degré ne permettront pas de couvrir tous les besoins en grande section de maternelle, affirme Gilles Langlois. On risque d'avoir une dégradation pour les autres classes : dans les maternelles, les élémentaires et le second degré. Où l'on se retrouve avec une baisse de 404 postes, et une augmentation du nombre d'élèves."