Rythmes scolaires : les arguments du gouvernement et les raisons de la grève

Une grève massive a lieu mardi dans les écoles parisiennes contre la réforme des rythmes scolaires, avant une journée nationale d'action mercredi. Francetv info revient sur une mobilisation que les syndicats qualifient d'"historique".

La façade d\'une école parisienne, dans le 19e arrondissement de Paris, en mars 2007.
La façade d'une école parisienne, dans le 19e arrondissement de Paris, en mars 2007. (JACK GUEZ / AFP)

C'est le premier mouvement majeur auquel est confronté le ministre de l'Education, Vincent Peillon. Plus de la moitié des écoles de Paris sont fermées, mardi 22 janvier, à cause d'une grève massive contre le retour à la semaine de 4,5 jours, que le maire PS de la capitale, Bertrand Delanoë, entend mettre en œuvre dès la rentrée 2013.

Mercredi, la contestation prend une ampleur nationale avec une journée nationale d'action à l'appel du SNUipp-FSU et de FO-Education qui veulent "interpeller le ministre" sur "les besoins des écoles".

Francetv info vous explique les raisons de ce mouvement, et les arguments de chaque camp.

Ce que change la réforme

Le décret sur les rythmes scolaires, qui doit être publié prochainement, prévoit le retour à la semaine de 4,5 jours (au lieu de 4 aujourd'hui) dès la rentrée 2013 avec des cours le mercredi matin (dérogations possibles pour la rentrée 2014 et le samedi).

L'objectif est d'alléger des journées de classe jugées trop chargées. L'année scolaire sera aussi davantage étalée, avec 180 jours d'école par an au lieu de 144 aujourd'hui. Pendant les fins de journée dégagées par cet aménagement, les élèves se verront proposer une aide pédagogique et des activités périscolaires, organisées par les collectivités locales.

Ce que disent ses défenseurs

Pour le gouvernement qui la défend, les bénéfices de cette réforme sont indéniables. "Il faut que les Français s'informent, ils verront que 4,5 jours c'est mieux que 4 jours pour apprendre, qu'une journée de 5h15, c'est mieux", a déclaré Vincent Peillon en réaction à la grève. "Et permettre à tous les enfants d'avoir des activités culturelles et sportives, c'est mieux", a ajouté le ministre de l'Education nationale, parlant par ailleurs d'une "exception parisienne".

A Paris justement, où les syndicats dénoncent une "précipitation" du maire PS, Bertrand Delanoë, dans la mise en œuvre de la réforme, sa première adjointe, Anne Hidalgo, est montée au créneau mardi pour défendre la réforme.

Admettant que "des craintes, des inquiétudes" existent, l'élue du 15e arrondissement s'est dite "persuadée" de "pouvoir convaincre". Elle a notamment expliqué, pour justifier le calendrier, que Paris "est en avance" pour tout ce qui est "réseau d'animateurs, centres de loisirs"

Ce que disent ses opposants

Sur le principe, les enseignants et les acteurs concernés sont d'accord sur la nécessité d'alléger les journées des écoliers. Mais ils accusent le gouvernement d'avoir, en gros, bâclé la réforme.

"Les enseignants, qui ont porté l'actuel gouvernement par leur mobilisation ou leur vote, sont déçus", explique Jérôme Lambert, du principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU Paris, qui appelle à la grève avec une intersyndicale Snudi-FO, SE-Unsa, SUD-Education, CNT-STE et CGT Educ'action. Il regrette "un ravalement de façade" et réclame de "reprendre le débat""Ça ne paraît pas crédible quand on nous dit le périscolaire va durer 45 minutes par jour et qu'on va faire des choses formidables", renchérit Nicolas Wallet, prof de CM2 adhérent du SNUipp.

Les enseignants vont "faire le même nombre d'heures, mais avec une amplitude plus importante". Les opposants au projet soulignent aussi, parmi les points qui posent problème, la question des moyens financiers à mettre en œuvre pour remplir les objectifs affichés.

Les perturbations à prévoir

A Paris, le mouvement de mardi devrait être "historique", avec 95% de professeurs des écoles grévistes, selon Jérôme Lambert. La mairie évoque aussi un mouvement "massif", avec 84% d'enseignants grévistes.

Selon le site de la mairie de Paris, 624 écoles (soit 94% des écoles parisiennes) compteront plus de 25% d'enseignants en grève, et 372 seront entièrement fermées. Plus ennuyeux pour les familles, en raison du "nombre restreint d'agents disponibles" qualifiés, le service minimum d'accueil (SMA) "ne pourra être organisé que dans 66 écoles".

Une manifestation aura lieu à partir de 14 heures, du métro Temple vers l'Hôtel de ville.