Evaluations nationales de CP-CE1 : des syndicats interpellent le ministère de l’Education nationale sur le traitement des données

Une partie des données recueillies lors des évaluations sont stockées sur un serveur d'Amazon en Irlande. Le SNUipp-FSU vient de saisir la Cnil pour savoir si toutes les garanties ont été prises pour l'anonymat et la confidentialité des résultats des élèves.

Au ministère, on explique qu\'à aucun moment Amazon n\'a accès aux données personnelles des élèves. (Image d\'illustration)
Au ministère, on explique qu'à aucun moment Amazon n'a accès aux données personnelles des élèves. (Image d'illustration) (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Après la série d’évaluations nationales organisées pour les élèves de CP et de CE1, des syndicats d'enseignants interpellent le ministère de l'Education nationale sur le traitement des données recueillies. Le SNUipp-FSU, première organisation du primaire, vient même de saisir la Cnil, aux fins de savoir si toutes les garanties ont effectivement été prises pour garantir l'anonymat et la confidentialité des résultats des élèves. En effet, selon les informations du Café Pédagogique, vérifiées par franceinfo, une partie de ces données est stockée sur un serveur d'Amazon, localisé sur le sol irlandais.

Le ministère assure que les données sont anonymisées

En effet, pour traiter la masse de ces résultats, l'Education nationale a passé un contrat en 2016 avec un prestataire informatique, lequel loue ensuite des serveurs à Amazon Web Services, basés en Irlande. Au ministère, on explique qu'à aucun moment Amazon n'a accès aux données personnelles des élèves, comme leur nom ou leur école. Celles-ci, assure le ministère, sont conservées uniquement dans un serveur du ministère en France. Seul un numéro correspondant à chaque élève, anonymisé, est envoyé aux prestataires externes.

Pourquoi faire appel aux géants américains ?

Nicolas Arpagian, expert en cyber-sécurité joint par franceinfo, estime qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir : le problème est plutôt selon lui que les acteurs français du numérique n'ont pas été sollicités pour gérer ces données. "L’administration se trouve dans une situation un peu schizophrénique, explique Nicolas Arpagian. Elle encourage le développement de l’économie numérique en France. Et dans ses dépenses, parce qu’elle est motivée par la recherche des coûts les moins importants, va favoriser de grands acteurs américains, qui sont en plus les experts de l’optimisation fiscale." Sur ce point, au ministère on rappelle que le contrat a été passé à l'issue d'un appel d'offres et que le prestataire choisi est un spécialiste reconnu internationalement de l'évaluation en ligne.