Quatre questions sur la revalorisation des salaires des enseignants

L'objectif de cette hausse est "d'accroître l'attractivité du métier", a expliqué Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Education.

La ministre de l\'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, le 25 mai 2016 à l\'Assemblée nationale.
La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, le 25 mai 2016 à l'Assemblée nationale. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Des profs davantage payés à partir du 1er janvier 2017, des carrières accélérées pour les enseignants les plus engagés, notamment en éducation prioritaire... Najat Vallaud-Belkacem dévoile, mardi 31 mai, les modalités des nouvelles carrières enseignantes au sein de l'Education nationale. Francetv info revient en quatre questions sur la principale mesure de ce plan : l'augmentation des salaires.

De combien vont-ils être augmentés ?

L'augmentation des salaires, particulièrement scrutée, sera progressive. De 500 millions d'euros en 2017, année de l'élection présidentielle, elle atteindra un milliard d'euros en 2020. En pratique, cela représente une augmentation de 50 euros brut mensuels dès l'an prochain et de 100 euros d'ici 2020. 

Un professeur des écoles qui exercera dix ans en éducation prioritaire et deviendra directeur d'école pourra aussi gagner en fin de carrière 1 000 euros de plus par mois qu'actuellement. La revalorisation se reflétera aussi dans les retraites, calculées pour les profs sur la base des six derniers mois d'exercice.

Pourquoi cette augmentation ?

Les professeurs français, moins payés que leurs homologues de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), attendent depuis des années d'être augmentés. La dernière réorganisation générale des carrières des enseignants datait d'il y a 25 ans, sous Lionel Jospin, a souligné Najat Vallaud-Belkacem.

Pour la ministre, l'objectif est "d'accroître l'attractivité du métier" mais aussi de "mieux accompagner les enseignants tout au long de leur carrière et de mieux valoriser leur engagement""Cette revalorisation va permettre d'après nos estimations de replacer la France au-dessus de la moyenne de l'OCDE" et "d'atteindre pour les fins de carrière les niveaux des pays les plus favorables, l'Allemagne notamment", a-t-elle assuré.

Pourrait-elle être remise en cause après 2017 ?

Dans l'absolu, oui. Mais interrogée, lors de la présentation de ces décisions à la presse, sur une éventuelle remise en cause de ces engagements en cas d'alternance, la ministre a rétorqué : "Je souhaite bien du courage à celui qui voudra remettre en question ce PPCR [protocole sur les parcours, les carrières et les rémunérations des fonctionnaires]." Sans s'étendre davantage sur le sujet.

De quelles autres mesures les enseignants ont-ils bénéficié ?

Depuis le début du quinquennat, plusieurs mesures de revalorisation ont été prises, a rappelé la ministre. Vincent Peillon avait créé une indemnité de 400 euros par an pour les professeurs des écoles, qui sera alignée à la rentrée 2016 avec la prime correspondante des professeurs du secondaire fixée à 1 200 euros, comme l'a annoncé Manuel Valls début mai.

Dans le cadre de la réforme de l'éducation prioritaire, les primes des enseignants y ont été augmentées de 50% en REP (le nouvau nom des ZEP) et de 100% en REP+. Les enseignants vont également bénéficier du dégel du point d'indice des fonctionnaires, avec deux revalorisations de 0,6%, en juillet 2016 et février 2017.