Projet de loi école : les sénateurs s'opposent au regroupement entre le primaire et le collège

Pour le gouvernement, l'idée était d'avoir une plus grande "unité" entre les deux niveaux scolaires.

Des élèves de CM1 assistent à un cours à Aytre (Charente-Maritime), le 1er septembre 2015.
Des élèves de CM1 assistent à un cours à Aytre (Charente-Maritime), le 1er septembre 2015. (XAVIER LEOTY / AFP)

C'était une disposition très contestée du projet de loi "pour une école de la confiance". Les sénateurs ont supprimé, mardi 30 avril en commission, les établissements des "savoirs fondamentaux", regroupant des classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles. 

Adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le 19 février, le texte porté par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, sera examiné à partir du 14 mai en séance publique au Sénat.

Le "regroupement des écoles rurales" craint

Lors de l'examen mardi en commission, les sénateurs ont ainsi adopté des amendements identiques issus de la plupart des groupes politiques, visant à supprimer l'article permettant la création d'"Etablissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF)", qui inquiète les professeurs mais aussi les parents d'élèves.

Pour le gouvernement, l'idée est d'avoir une plus grande "unité" entre le primaire et le collège. Mais la disposition, même si elle reste facultative, fait redouter à des enseignants du premier degré la disparition des directeurs d'école et leur mise sous tutelle du principal du collège. Le sénateur Les Républicains Jacques Grosperrin juge l'idée "intéressante", mais estime que la rédaction de l'article est "inacceptable", en ce qu'elle ne permet pas de garantir que l'EPSF "ne constituera pas le cheval de Troie du regroupement des écoles rurales". La centriste Jocelyne Guidez pointe elle "précipitation" et "manque de recul sur une réforme aux conséquences majeures".