Professeurs non remplacés : des parents d'élèves lancent une action collective contre l'Etat et demandent "50 euros par journée non faite"

Des collectifs de parents estiment que 79000 heures de cours ont été perdues au cours de l'année scolaire, faute de remplacements. Ils dénoncent via leur plainte un manquent au droit à l'instruction de la part de l'Etat.

Article rédigé par
Arthur Fradin - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Une cour d'école (illustration). (NOEMIE GUILLOTIN / RADIO FRANCE)

Des heures de cours non assurées en très grand nombre : le manque de professeurs dans le primaire et le secondaire se fait sévèrement ressentir en France. Des parents excédés ont choisi d'attaquer collectivement l'Etat en justice pour non-remplacement d'enseignants dans les établissements publics de France (maternelle, primaire, collège, lycée). Face aux difficultés qui s'annoncent à la rentrée 2022, avec de grosses difficultés de recrutement dans les concours, ces parents veulent faire bouger les choses. L'initiative est notamment partie du Val-de-Marne, via des collectifs de parents d'élèves.

Yohan est le papa de Nawelle. Sa fille vient de passer un CM1 compliqué, à cause de remplacements chaotiques de son professeur titulaire. "Ma fille a eu treize professeurs différents dans l'année, avec beaucoup d'absences. A tel point que notre fille a fait un rejet de l'école." A ses côtés, Nawelle abonde : "C'était énervant. On n'avait pas la même façon de travailler avec chaque professeur. Il fallait suivre..." 

50 euros par jours dans le primaire

Les professeurs utilisés pour les remplacements n'étant pas assez nombreux, et envoyés ailleurs à chaque fois, à la fin, il devient impossible de boucher tous les trous. 79 000 heures de cours auraient ainsi été perdues en France au cours de l'année scolaire, selon une comptabilisation des parents d'élèves, via les signalements faits à la FCPE. C'est pour cela que Yohan et plusieurs parents attaquent l'état. Louis le Foyer de Costil est leur avocat. "Chaque parent pourra demander l'indemnisation de son préjudice. Ce qui est demandé c'est 50 euros par journée non faite pour le premier degré. Au-delà des montants, c'est une action symbolique pour mettre la pression sur l'Etat, pour le faire condamner pour manquement au droit à l'instruction."

Et pour mettre la pression, il faut du nombre : 200 dossiers ont déjà été déposés par des parents, mais les plaignants en espèrent bientôt plusieurs milliers à l'échelle de toute la France. Chaque parent concerné est invité à remplir un formulaire en ligne à partir de huit jours d’absence non remplacée dans l’année scolaire pour les maternelles et les primaires et à compter de dix heures sans professeur pour les collégiens et les lycéens. 

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